XX JANVIER. P. SYLVESTRE MAURO
très devanciers. C'est alors qu'il publia ses grands ouvrages philosophiques et théologiques, et surtout le Commentaire d'Aristote, son principal titre de gloire. Nul n'était plus simple ; cet homme aux conceptions si élevées avait la candeur, la bonté, presque la naïveté d'un enfant. Tout était bien à ses yeux; il recevait du même cœur et avec la même sérénité de visage tous les événements. Cette égalité d'âme n'était pas seulement le résultat d'une nature heureuse : c'était surtout, dit son biographe, le fruit d'une admirable innocence conservée sans tache depuis son baptême, et d'un empire souverain, conquis au prix de bien des luttes intimes, sur tous les mouvements de la nature. Aussi nul ne pouvait se dérober aux charmes de cette douce et aimable sainteté; non seulement ses élèves, mais des prélats et les plus illustres personnages de Rome venaient lui soumettre leurs doutes et leurs difficultés, et l'homme de Dieu faisait à tous le même accueil gracieux.
Dans les dernières années de sa vie, le P. Sylvestre Mauro, déchargé de l'enseignement, fut nommé Recteur du Collège Romain ; il porta dans cette délicate et importante fonction toutes les qualités de son cœur tendre et aimant, mais en même temps, à l'exemple de notre Bienheureux Père, une admirable fermeté, pour maintenir dans sa splendeur la discipline religieuse. La superbe église de Saint-Ignace due à la magnificence du cardinal Ludovisio, était demeurée inachevée jusqu'à ce jour ; le P. Silvestre Mauro eut la gloire de lui donner son dernier couronnement et d'en faire l'ouverture solennelle. Presque aussitôt après, il fut attaqué d'une maladie qui parut bientôt mortelle ; il la supporta avec le calme, la sérénité et la joie qu'il avait fait paraître toute sa vie, et après quatre jours seulement, le fidèle serviteur de Dieu, entouré de tous ses A. I. — T. II. — 14.
106 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
frères, qu'il consolait par de douces paroles, s'endormit du sommeil des justes. Il était âgé de soixante-sept ans et en avait passé cinquante dans la Compagnie.
SiLV. M.vuiius, Quœstiones philosoph., t. 1, p. m, Vita P. Silvestri Mauri. — Matth. Liberatore, prœfat. op. cit., p. 1. — Patrignani, i/^no/., 20 Genn., p. 202. — Sotuellus, Bibliotk. Scriptor, S. /., p. 740. — de Backer, Biblioth. . . l*''e édit., t. 2,/?. 398. — Drews, Fasti Soc. Jes., 17^ /on., p. 23.
* Le vingtième jour de janvier de l'an 1709, mourut à Florence le P. Annibal Marchetti, dont la vie religieuse presque tout entière se consuma au service de la Compagnie dans le gouvernement des Nôtres. Recteur des collèges de Fermo, de Sienne, de Florence, puis Recteur du Collège Romain, de la Pénitencerie à Rome et à Lorette, et Instructeur des Pères du troisième an, il se montra toujours prudent, zélé pour l'observation de la règle, désireux de la perfection de ses inférieurs ; sa charité n'excluait pas l'énergie et même une certaine sévérité ; il n'aimait pas, surtout dans les jeunes gens, une sollicitude trop inquiète pour la santé et trop de ménagements. Au reste il donnait lui-même l'exemple : nul n'était plus pauvre, plus dur à lui-même ; avec une santé délicate, il multipliait les jeûnes, les disciplines, et ne quittait presque jamais un rude cilice. Ménager de son temps, il composa plusieurs ouvrages de piété qui ont continué après sa mort le bien commencé pendant sa vie. C'est lui qui, Recteur du Collège Romain établit l'usage de faire le catéchisme aux enfants des classes inférieures, dans l'église Saint-Ignace,