‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 35 sur 331 · XXI JANVIER. — P. PAUL DE CAMERINO · texte numérisé non relu

XXI JANVIER. — P. PAUL DE CAMERINO

et ramassés de tous les royaumes et de toutes les îles barbares, avaient offert, après un premier essai, bien plus de peines que d'espérances ; mais le dévouement de leur nouveau père allait en peu de mois les transformer.

« Bientôt, écrivait Xavier à ses frères de Rome, après avoir vu les fruits de cette charité toute maternelle, bientôt, par les enfants de ce collège, les limites de l'Église se dilateront en tous sens dans les royaumes de l'Orient, et dans peu d'années, nous l'espérons, un nombre infini d'idolâtres seront soumis au nom et à la foi de Jésus-Christ». Déjà plusieurs d'entre eux servaient de catéchistes les jours de fête dans les villages voisins de Goa ; ils réunissaient les populations encore payennes, les conduisaient en chantant des cantiques vers quelques croix élevées ça et là, et leur expliquaient la vie et les mystères de celui dont ils montraient l'image. Quand un vaisseau partait pour une expédition, quelques-uns y montaient, à défaut d'aumôniers, sur la demande des capitaines, pour présider aux prières, réprimer les blasphèmes et les désordres trop ordinaires aux soldats et aux matelots, sans que jamais on leur manquât de respect ; car il leur suffisait, malgré leur âge, d'être reconnus pour les enfants du P. Paul de Gamerino et du collège de Sainte-Foi. Bien que ce grand serviteur de Dieu partageât toute sa vie entre des enfants, des pauvres et des malades, et ne fût jamais sorti de Goa, il n'en était pas moins connu et béni sur les plages les plus lointaines, au témoignage de ses compagnons, qui l'appellent dans leurs lettres une des principales colonnes de la foi.

S. François Xavier, Lettres, trad. Pages, /. 1, liv. 3, lett. 6, p. 184

110 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iïALIE.

lett. 9, p. 191 ; liv. k, lett. 2, p. 216 ; t. % liv. 5, lett. 7, 10, 13 et 14 ; liv. 7, lett. 4, p. 242. — Oulandinus, Histor. Soc. Jes. , l. % n. 87, p. kl; lib. 5, n. 95, p. 124;/«Z>. 12, n. 119, p. 306. — Sacchinus, Hist. Soc. Jesu ^ lib. 4, nn. 236 seqq., p. 155 seqq. — Bartoli, Istor. dell Asia, lib. 7, «. 38, p. 160. <?V/iV. Torino, 1825. — Patrignani, Menol., t. 1, 21 Genn. , />. 207. — Nieremberg, Varones ilustres, t. 1, /j. 567. — DU Jarric, Hist. des choses. . . advenues es Indes orientales, l. 2, p. 304.

* Le ving-t-et-unièine jour de janvier de l'an 1612, le F. Paulin Ceccotti, Goadjiiteur temporel, mourut à Rome dans la maison professe du Gesù. 11 eut l'art d'unir ensemble le travail et le repos, l'action et la contemplation, la ferveur d'un novice et la vertu solide d'un A^étéran de la religion. 11 avait un don spécial d'oraison, et c'était la voix commune qu'il ne demandait rien sans l'obtenir. Le P. Aquaviva, Général de la Compagnie, en fit un jour l'épreuve. Le P. Mutins Vitellesclii était gravement malade à Frascati, et les médecins avaient perdu toute espérance de le sauver. Le Père Général écrivit au saint Frère le billet suivant: «Que le F. Paulin se mette en oraison, et qu'il ne cesse point de prier, jusqu'à ce qu'il ait obtenu la guérison du P. Mutius ». Le F. Paulin obéit aussitôt, et resta en prières huit heures de suite; puis il se leva d'un air radieux, montrant ainsi qu'il avait été exaucé. En effet, le même jour, le P. VitcUeschi se trouva mieux et fut bientôt parfaitement guéri. Le F. Ceccoti était chargé de l'infirmerie ; quand il n'avait pas de malades, il donnait libre carrière à son attrait pour l'oraison, et n'y consacrait pas moins de six à sept heures par jour. 11 devait cette union intime avec Dieu à une modestie ang-élique qui éloignait de sa pensée toutes les vaines

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