‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 36 sur 331 · XXI JANVIER. — P. FERDINAND RUTATI · texte numérisé non relu

XXI JANVIER. — P. FERDINAND RUTATI

images, et à une rigourci!;-ie mortification de tous ses sens (jui

réprimait les mouvements de la nature et les soumettait à l'empire de l'esprit.

Nadasi, Annus dicrum mcmor. , 21^ Jannar., p. 38. — Duews, Fasti Soviet. Jcs.. ai" Jan.. p. 28. — Patrignani, MenoL. llGenn., p. 210.

* Le vingt-ct-unième jour de janvier de Tan 1717, le P. Ferdinand RuTATi, d'une noble famille de Pistoie en Toscane, mourut à Sezze, en odeur de sainteté. La première année de son noviciat à Saint-André avait été bonne, mais n'avait rien présenté qui sortît du commun. Les grands Exercices le changèrent en un autre homme; il prit la résolution d'être tout à Dieu, de vivre uniquement pour Dieu. La suite de sa vie montra bien que ce n'étaient pas là de vains propos presque aussitôt oubliés que formés. Dès ce moment, il parut un saint et on lui en donnait le nom. Au témoignage d'un de ses compagnons qui vécut longtemps avec lui, son corps seul était sur la terre, son âme habitait déjà le ciel. Dans ce commerce assidu avec la divinité, son esprit s'éclaira de lumières si vives sur le néant des choses de ce monde, que lorsqu'il entendait célébrer les richesses, les honneurs, la réputation, il ne pouvait s'empêcher de rire. En même temps sa volonté s'échauffait d'une ardeur si brûlante, qu'il avait peine à la contenir. C'était au reste le fruit propre qu'il attendait de ses oraisons. « Si je ne sors pas de l'oraison, disait-il, le cœur embrasé de l'amour de Dieu, je ne suis pas un vrai religieux ».

Par attrait, le P. Rutati aurait choisi la solitude et le repos de

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la prière ; mais par obéissance et par charité, il savait unir l'action à la contemplation. 11 embrassa toutes les œuvres extérieures de la Compagnie. En entrant dans la carrière apostolique, il avait demandé au Saint-Esprit « une langue de feu pour enflammer d'amour tous ceux qui s'approcheraient de lui » ; et, ajoute son biographe, on peut croire qu'il l'obtint, tellement sa parole avait de puissance pour convertir les pécheurs et conduire à une très haute perfection les Ames fidèles. Au reste, son dévouement lui avait gagné tous les cœurs ; à Sezze, petite ville de la campagne romaine, il était le père et le consolateur de tous, des enfants, des pauvres, des prisonniers. En même temps son admirable modestie l'entourait d'une sorte d'auréole . Jamais il n'arrêta ses yeux sur le visage d'une femme , a afin, disait-il, do pouvoir contempler au ciel l'incomparable beauté de la Mère de Dieu ». Une mort prématurée, mais qu'il avait prévue et annoncée d'avance, combla les désirs du dévoué serviteur de Marie et de son divin Fils. Des grâces miraculeuses attestées so)is la foi du serment glorifièrent sa mémoire. Le P. Ferdinantl Rutati était âgé de quarante-quatre ans et en avait passé vingt-deux dans la Compagnie.

Patrignani, MenoL, 21 Genn., p. 215 — ■ G.vLuzzr, FfVrt /n«. , c/". Patrigna- NI, l. c.

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