XXIII JANVIER
Le vingt-troisième jour de janvier de l'an 1688, mourut à Orta, dans le royaume de Naples, le P. François-Marie Petruccioli, humble et laborieux missionnaire des États Romains, de la Pouille et des Abruzzes, allant toujours à pied, malgré la faiblesse de son corps et les intempéries des saisons, prêchant, confessant, priant et gagnant à Dieu une multitude innombrable de pécheurs. Notre-Seigneur lui avait donné une puissance extraordinaire, pour chasser le démon des corps aussi bien que des âmes. Dans une de ses missions, il lui arriva de délivrer ainsi jusqu'à quatorze possédés, en un même jour ; et l'un de ces esprits immondes s'enfuit une fois en criant qu'il n'avait pas alors d'ennemi plus cruel que le P. Petruccioli. Au moment de mourir, le serviteur de Dieu jetant sur son crucifix un regard plein d'amour : « Seigneur, dit-il, vous savez bien que pendant ma vie, je n'ai cherché que votre gloire ; donnez-moi maintenant votre paradis». Et inclinant la tête, il baisa l'image du Sauveur et expira.
P.vTRiGNANi, Menol. , 2.3 Genn., p. 228. — Tutii, Brevi ragguagli délia vita di alcuni Servi di Dio. Roma, 1727, p. 168. — Gassani, Varones ilustres, t. 3, p. 501.
418 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
Lg vingt-troisième jour de janvier moururent à Palerme, dans une extrême vieillesse et après de longues infirmités, le P. Pierre Casato des Iles de l'Archipel, en 1622, et le P. François Buk- Gio, d'une pauvre famille sicilienne, en 1761.
Le P. Casato avait évangélisé tour à tour les catholiques et les schismatiques de Chio, de Candie, de Constantinople et de Malte, faisant tous ses voyages sur terre et sur mer, selon l'expression de l'Evangile, sine sacculo et pera, comme un véritable pauvre et apôtre de Jésus-Christ. Frappé de paralysie et couvert d'ulcères, il passa les six dernières années de sa vie, sans pouvoir par lui-même ni marcher, ni manger, ni même se retourner sur son pauvre lit, mais avec la douce sérénité d'un homme qui se trouvait à merveille, tel que Notre-Seigneur le voulait.
Le P. François Burgio, homme d'une immense érudition qui le faisait consulter de toutes les parties de l'Italie, aussi bien par les étrangers que par ses frères, ne semblait avoir amassé tous ces trésors de science, que pour les communiquer libéralement, sans aucune réserve d'amour-propre. La charité, la prière et l'étude faisaient sa vie. Pour ne pas laisser se dessécher en lui les sources d'une vive et affectueuse dévotion, il ne récitait l'office divin qu'à genoux, dans le plus profond recueillement. Réduit par suite d'une chute à ne pouvoir plus remuer, durant plusieurs de ses dernières années, il priait que l'on voulût bien tous les jours le traîner sur une chaise jusqu'à la chapelle domestique et là, devant le saint Sacrement, il demeurait de longues heures dans une douce union de cœur et d'esprit avec Jésus-Christ, ne trouvant pas de plus intime bonheur que de le bénir et de