‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 63 sur 331 · II FÉVRIER. F. LOUIS CELESTINI · texte numérisé non relu

II FÉVRIER. F. LOUIS CELESTINI

son inviolable amour du silence, qui lui était d'un puissant secours pour ne jamais perdre la présence de Dieu.

Patrignani, Menol. , 2 febbr. , p. 23. — Nadasi, Annus dier. mentor., 2* febr. , p. 62. — Nieremberg, Varonea ilustres, t. \, p. 452.

Le deuxième jour de février 1768, à Frascati, mourut en odeur de sainteté, à l'âge de vingl-el-un ans, le F. Louis Nicolas Celestini, Scolastique du Collège Romain, dont le nom est indissolublement lié au progrès et au développement de la dévotion au Sacré-Cœur sous Clément Xlll, dans les dernières années de l'ancienne Compagnie. Elevé au Collège Romain, et formé à la vertu par le P. Jérôme de Sanctis, Nicolas Celestini avait depuis longtemps jjris pour modèle et pour protecteur spécial saint Louis de Gonzague ; h l'âge de dix-sept ans, il [)orla toute la Heur de son innocence au noviciat de Saint-André. Sept mois après, il était au lit de la mort, en proie à de fréquentes convulsions, complètement désespéré des médecins, ne voyant plus, n'entendant plus, ne pouvant plus dire une parole, ni donner un signe d'intelligence, lorsque le dixième jour de février de l'an 1765, il s(^ souleva tout à coup et s'écria, comme en extase: a Oh! mon saint Louis, ({ue vous êtes beau ! » Louis de Gonzague était en effet près de son lit, et lui demandait : « Que voulez-vous ? la santé ou la maladie « ? « Fiat voiuntas Dci ! répondit le malade >> ! Alors le saint reprit en souriant: « Puisque dans toute votre maladie, vous n'avez témoigné qu'un s(^ul désir, celui de recevoir le saint viatique,

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VOUS abandonnant pour tout le reste au bon plaisir de Notre- Seigneur, il vous accorde par moi la vie, pour travailler encore à votre perfection, et propager de toutes vos forces, la dévotion au Cœur adorable de Jésus ».

« Il me donna alors, dit le F". Celestini, quelques avis secrets pour ma sanctification, et me recommanda comme très salutaire la dévotion des six dimanches, en l'honneur des six années qu'il a passées dans la Compagnie. Je lui demandai s'il ne me délivrerait pas, en même temps que de mes autres maux, d'une très vive douleur de tète dont je souffrais déjà bien avant cette dernière maladie ». — « Le bon plaisir de Dieu, répondit-il, n'est pas que je vous en délivre complètement. Vous ne la sentirez plus tout à l'heure; mais elle ne tardera pas à revenir, afin de vous rappeler les douleurs de Jésus dans sa passion, et de vous donner encore un trait de ressemblance avec moi, qui désirais toujours durant ma vie cette souffrance, en mémoire de mon Sauveur couronné d'épines pour moi » ! A ces mots et sous la bénédiction du saint, toutes les douleurs du jeune agonisant disparaissent. Il se lève et se rend à l'église, où tous ses frères entonnent le Te Deuin. Le procès-verbal du miracle est dressé et solennellement publié après le plus sévère examen, avec l'autorisation du Saint-Siège. Celestini s'empresse d'obéir aux ordres qu'il a reçus du ciel ; l'apparition et les paroles du Bienheureux Louis de Gonzague sont gravées par ses soins et répandues dans l'Europe entière. Lui-même, novice etjuvéniste, ne cesse plus de promouvoir la dévotion au Sacré-Cœur, dans ses conversations et ses catéchismes, durant le mois qu'il passe ù l'hôpital, et chaque jour durant son pèlerinage. La même année. Clément XIII accorde à la ville de Rome l'ofiice et la messe du Sacré-Cœur. La

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