‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 64 sur 331 · II FÉVRIER. — P. INNOCENT INNOCENZI · texte numérisé non relu

II FÉVRIER. — P. INNOCENT INNOCENZI

seule adoration perpétuelle du Sacré-Cœur, fondée à Velletri, compta rapidement jusqu'à cent mille associés. Toujours plus humble, plus recueilli, plus fidèle à toutes ses règles, à tous ses devoirs de novice et de scolastique, Nicolas Gelestini rendit joyeusement son Ame à Dieu sous la protection spéciale de la Reine des Vierges, après quatre années seulement de vie religieuse.

BoERO, Menologio, 2 febb. , p. 48 et suiv. — Termanini, Vita di Niccolo Luigi Celestini . . . , Roma, 1839.

* Le deuxième jour de février de l'an 1697, mourut à Chiatri, non loin de Pise, le P. Innocent Innocenzi, à l'âge de soixante-quatorze ans, dont il avait passé cinquante-huit dans la Compagnie, et plus de trente dans les missions du diocèse de Fiesole. Il était né dans un petit village de l'Ombrie ; quand il se présenta au noviciat de Saint-André, à l'âge de seize ans, les supérieurs, à voir son air un peu rustique, lui demandèrent ce qui l'amenait: « Je viens, ditil naïvement, pour devenir un autre Bienheureux Louis de Gonzague». La réponse fit sourire ; il fut examiné et admis: on n'eut pas à le regretter.

Après de brillantes et solides études, dans lesquelles il ne se proposait d'autre but que de se rendre un habile instrument de la gloire de Dieu et du salut des âmes, il enseigna quelques années la philosophie au collège de Fermo, et fut ensuite appliqué au

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ministère des missions de campagne, pour lesrpielles il avait un attrait particulier. Une des industries qui contribua plus puissamment à rendre fécondes ses fatigues, fut la composition et la diffusion de ses Cantiques spirituels, ou Doctrine chrétienne d'après la sainte Ecriture et les saints Docteurs. « Il n'est pas croyable, dit le P. Patrignani, quel bien ce petit livre a fait aux Ames et aux missions. J'ai entendu moi-même les villageois répéter ces cantiques au milieu de leurs champs ».

A ce moyen d'apostolat, le P. Innocenzi joignait l'union à Dieu, la mortification, une connaissance étendue de la théologie morale, surtout une humilité profonde et sincère qui ne s'attribuait aucun talent, et comptait uniquement sur le secours d'en haut. Quand il rentrait au collège après ses courses apostoliques, toute sa vie, raconte le P. Patrignani, témoin oculaire, était l'expression de cette parole de l'Apôtre : Attende tihi et doctrina' ; il ne connaissait que l'étude et la prière. Cependant, au moindre appel de l'obéissance et de la charité, il était prêt à laisser l'une et l'autre. Les supérieurs, ajoute encore son biographe, pouvaient user de lui à leur bon plaisir ; il ne montrait de répugnance que pour les emplois plus éclatants : « Car je ne suis bon, disait-il, que pour les gens de la campagne».

En effet, son cœur était au milieu de ses missions. Il avait toujours ardemment souhaité de mourir les armes à la main, en pleine lutte contre l'enfer. Depuis bien des années déjà, un Père français, grand serviteur de Dieu, passant par Florence, lui avait donné l'assurance ([ue ce vœu serait exaucé ; et il le fut en effet. Le P. Innnocent Innocenzi prêchait une mission dans le petit village de Chiatri, du diocèse de Pise. Un matin, il en avait

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