‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 75 sur 331 · VIII FEVRIER · texte numérisé non relu

VIII FEVRIER

Le huitième jour de février de l'an 1588 mourut à Palerme, dans une très douce joie, le F. Joseph Pastore Scolastique. Il n'était âgé que de vingl-trois ans ; mais son angélique pureté, son amour pour la Vierge immaculée, son respect lilial pour les moindres prescriptions de saint Ignace, lui méritèrent dans ses derniers jours deux grâces insignes. Notre-Dame vint le visiter elle-même, au début de sa maladie, l'invitant à se réjouir, parce que sa récompense était proche ; et Notre Bienheureux Père descendit visiblement pour chercher son âme, en lui disant: «Viens avec moi, Joseph, viens recevoir la couronne de gloire que Dieu a préparée dans le ciel à mes vrais enfants » !

Patrign.vni, Menolog , S /'ebbr. , p. 91. — Aguilera, Hislor. Provint-. Sicul. , I. \, p. 272. — Ai.BERTi. Istor. délia Provinc. di Sicilia., l. 6, c. 13, p. 667.

Vm FÉVRIER. — P. BENOIT HOGACCI. 201

Le huitième jour de février de l'an 1719, mourut à Rome, en odeur de bénédiction, le P. Benoit Rogacci, d'une noble famille de Rag-use, appelé par ses contemporains « un saint dont l'amour de Dieu semblait faire toute la vie ». Il habitait depuis quarante ans le noviciat de Saint-André, tour à tour professeur de rhétorique des juvénistes, et chargé de donner les Exercices de saint Ignace aux novices, au clergé, aux prélats, aux princes romains et aux cardinaux. Ses œuvres visibles, dit l'auteur de sou éloge, apparaissent par dessus tout dans les grands hommes qu'il forma, durant un si long- temps, à la perfection des lettres humaines et de la sainteté. Hors de là, toute sa vie était cachée en Dieu avec Jésus-Christ. Sauf quelques pratiques extérieures dont il ne pouvait dérober complètement la connaissance, telles que ses austérités, ses transports extatiques, particulièrement au saint autel, tout le reste ne se trahissait que par ce reflet sensible, mais indéfinissable, de la lumière et des opérations du Saint-Esprit dans l'âme des saints. Quand il priait ou contemplait son Seigneur dans les créatures, il ne s'apercevait plus d'autre chose; et comme ou le raconte de saint Ignace, il laissait alors échapper des soupirs et des exclamations. Ces transports lui étaient ordinaires, même dans de simples exhortations spirituelles. 11 se levait alors subitement, le visage eu feu, tout possédé de ces maximes éternelles qu'il gravait en traits indélébiles dans les âmes, et qui décidaient souvent eu quelques minutes de toute une vie. Nous avons encore entre les mains quelques beaux monuments de cet esprit séraphique du P. Rogacci, qui le fit comparer à sainte Thérèse, aussi bien que de sa profonde connaissance des auteurs sacrés et profanes, dans ses différents traités sur A. I. — T. 1. — 26.

202 MÉNOLOGE S. J. — ■ ASSISTANCE d'iTALIE.

L'unique chose nécessaire, ou la science et l'amour filial de Dieu, La sanctification par les Exercices de saint Ignace, et L'excellence de la vie religieuse. Le P. Rogacci rendit doucement son âme à Dieu, dans la soixante-treizième année de son âge et la cinquante-huitième, depuis son entrée dans la Compagnie.

Pathignanj, Menai., % f'ebbr. , p. 95. — de Backeb, Biblioth. des Écrivains., F* édit. , I. 2, p. 530.

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