‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 76 sur 331 · IX FEVRIER · texte numérisé non relu

IX FEVRIER

Le neuvième jour de février de l'an 4645, mourut dans la maison professe de Rome le P. Mutius Vitelleschi, que l'on pourrait appeler, ce semble, le saint François de Sales des Généraux de la Compagnie. Le P. Nadasi, qui écrivait quelques années après sa mort, lui applique en ces termes le bel éloge donné par l'Esprit-Saint à la douceur de Moïse : Prsepositorum Generalium ad admirabilitatem usque longe suauissimus. Né à Rome d'une illustre et antique famille, sous le généralat de Jacques Laynez, le jeune Mutius, à peine âgé de onze ans, sentit le désir de se donner à la Compagnie. Comme il le raconte lui-même dans une lettre que nous avons encore, ce fut à la modestie des novices de Saint-André, qu'il dut cette première et inébranlable résolution. Croissant dès lors chaque jour en estime et en amour de la sainteté, il fît successivement, avant d'achever ses études, le vœu de chasteté perpétuelle, le vœu d'entrer dans la Compagnie, celui de distribuer tous ses biens aux pauvres, à mesure qu'il pourrait en acquérir, et enfin celui de n'accepter aucune dignité ecclésiastique. Il voulait déjouer ainsi d'avance toutes les espérances de sa famille : mais comme son père demeurait néanmoins inflexible à ses prières, il eut recours à l'autorité du Souverain Pontife Grégoire XllI ; |»uis avec

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la permission de ce grand et saint pape, il s'enfuit au noviciat, le jour de l'Assomption de l'an 1583, après avoir communié avec sa mère dans l'église du Gesù. Plus tard, en action de grâces de cette victoire, et en l'honneur de la très sainte Vierge, il ne manqua jamais, durant les trente années de son généralat, de recevoir au même jour un novice, comme pour lui transmettre son héritage au service de Notre Seigneur, et suppléer h tout ce qu'il croyait n'avoir pas fait pour la gloire de Dieu.

Les chaînes et les tortures de nos premiers martyrs d'Angleterre leur suscitaient alors de nombreux imitateurs. Mutins Vitelleschi supplia le P. Aquaviva de lui ouvrir cette sanglante carrière ; mais elle offrait trop de périls et d'obstacles poui- un étranger. Il reçut en échange, à l'àge de trente-deux ans, la mission de former les apôtres et les martyrs de la Grande-Bretagne, dans la charge de Recteur du Séminaire Anglais de Rome. Il ne cessa de témoigner à cette glorieuse portion de la famille d'Ignace la plus vive affection ; il organisa et constitua, dès qu'il le put, la Vice- Province et la Province d'Angleterre, riche présent qu'il fit à la Compagnie et à l'Eglise. Du Séminaire Anglais, le P. Mutins passa au gouvernement du collège de Naples, puis à celui des deux Provinces de Naples et de Rome, et enfin î\ la charge d'Assistant d'Italie ; il avait alors quarante-cinq ans. La septième Congrégation l'élut sept ans après, en 1015, pour successeur du P. Claude Aquaviva. Il gouverna toute la Compagnie d'une main aussi ferme que douce, pendant près de trente ans. Le Vénérable P. Jules Mancinelli avait connu d'avance son élection par une révélation divine, et l'avait même consignée dans un écrit signé de sa main.

Quelques esprits remuants, derniers et tristes restes des adversai-

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