‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 79 sur 331 · XI FEVRIER · texte numérisé non relu

XI FEVRIER

Le onzième jour de février de l'an 1759, mourut dans la mission des Moxes, au Pérou, le P. Nicolas Altogradi, de la Province de Milan. Il cultivait depuis trente-six ans ces tribus sauvages, qui avaient massacré leur premier apôtre, le P. Gyprien Baraze; et durant quinze années de suite, il avait gouverné, en qualité de supérieur général, toutes les réductions déjà peuplées de quarante ou cinquante mille nouveaux chrétiens. Il se chargeait alors, non seulement de visiter lui-même toutes ces églises naissantes, de pourvoir à tous leurs besoins, avec une charité qui s'émouvait des moindres privations de ses enfants ou de ses frères ; de réunir tour à tour près de lui les ouvriers apostoliques, pour renouveler les forces de leurs âmes et de leurs corps, et délibérer en commun sur les moyens d'étendre plus sûrement le règne de Dieu ; mais il prenait encore sur lui d'aller en personne, au prix de fatigues inouïes, chercher les infidèles dans leurs plus profondes tanières ; et il les amenait, à force de douceur et de caresses, au bercail de Jésus-Christ. La peste venait-elle à éclater au milieu de son immense troupeau ? il courait sur-le-champ partager toutes les souffrances des missionnaires, assistait jour et nuit les mourants, ensevelissait les morts ; et bien des fois on le vit entrer dans

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sa pauvre hutte, à la nuit tombante, encore à jeun, sans que même alors, il consentît à quitter son cilice, ni une large croix armée de pointes aiguës, et dont il ne se dépouilla que sur un ordre exprès de l'obéissance, peu de jours avant sa sainte mort arrivée à l'âge de soixante-et-onze ans. Il avait vécu cinquantetrois ans dans la Compagnie.

BoERO, Menol., 11 febr., p. 203.

* Le onzième jour de février de l'an 1638, mourut à Palerme le P. Barthélémy Gangelosa, laissant à tous les enfants de la Compagnie un exemple insigne d'attachement à sa vocation. Pendant son noviciat, à la suite d'un accident ou d'une maladie, il était devenu boiteux. Les supérieurs épuisèrent tous les remèdes pour le guérir ; mais le mal ne faisant que s'accentuer chaque jour davantage, ils se décidèrent à le renvoyer dans sa famille. Vainement Barthélémy Cangelosa s'efforça de les fléchir ; il en appela au Père Général. Il écrivit au P. Aquaviva la lettre la plus touchante, protestant que boiteux comme il était, il était prêt à se rendre à pied jusqu'à Rome, et s'il ne pouvait marcher, il se traînerait sur les genoux jusqu'auprès de lui. Il se présenta en efTet au P. Aquaviva. A la vue d'un si généreux amour de la Compagnie, celui-ci n'eut pas le cœur de rebuter le pauvre infirme ; il l'embrassa comme son fils et le renvoya consolé au noviciat.

Les supérieurs n'eurent pas à regretter la décision du Père Gé-

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