‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 83 sur 331 · XIII FEVRIER · texte numérisé non relu

XIII FEVRIER

Le treizième jour de février de l'an 1626, mourut à Chieti dans les Abruzzes, le P. Jules-Ignace Juliis, en si grande réputation de vertu et de miracles, qu'aussitôt après ses funérailles, l'évêque voulut commencer le procès de sa béatification. Dès sa plus tendre enfance, à un âge où l'on a d'ordinaire à peine assez de lumière pour connaître Notre-Seigneur, sa résolution était déjà prise de ne vivre que pour lui. Mais il se trouvait par malheur l'unique héritier de sa famille ; pour dissiper ses premières idées de vie religieuse, son père l'envoya au collège de la Compagnie à Naples. Ce fut là que, tout en veillant avec un soin extrême à conserver sans tache son innocence, le pieux enfant sentit s'allumer dans son cœur le zèle des âmes: Quelques années après, guéri par saint Ignace d'une maladie mortelle, il prit en reconnaissance le nom de son protecteur, et triomphant enfin de tous les obstacles, il franchit le seuil du noviciat de Naples, à l'âge de dix-huit ans. A peine admis dans cette nouvelles carrière, Ignace de Juliis ne voulut aspirer à rien moins qu'aux plus héroïques vertus des saints ; et il marcha rapidement sur leurs traces. Par une fidélité bien rare à la grâce, sa ferveur ne fît que se fortifier et s'accroître, au sortir de ses premières épreuves, malgré la préoccupation des études et le tracas

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des collèges. Bien des fois dans la suite, il en rendit grâce à Notre-Seigneur, comme d'un de ses plus insignes bienfaits ; il aimait à se déclarer après Dieu redevable de ce bonheur, surtout à l'un de ses jeunes collègues, Jules-César Margico, plus tard apôtre et martyr à Siam, avec lequel il s'entretenait souvent à cœur ouvert des moyens de faire sans cesse de nouveaux progrès dans la vertu, et à son confesseur, le P. Sertorio Gaputo, l'apôtre et le saint d'Aquila.

Avant d'être parvenu au terme de ses études, Ignace Juliis avait instamment sollicité, à plusieurs reprises, la grâce de porter le nom de Jésus aux infidèles de l'Orient , il tressaillait de joie à la pensée des feux et des croix du Japon, et s'y préparait par une vie de travail, de prière et de pénitence. Mais l'obéissance lui désigna la ville et le diocèse de Ghieti pour théâtre de son apostolat ; il s'y consuma sans interruption, jusqu'à la mort, au service des enfants, des pauvres, des moribonds, des prisonniers, des prêtres et surtout de trois ferventes congrégations de gentilshommes, de jeunes gens et d'artisans. Une âme ne lui semblait jamais trop coûter de peines. Pour sauver un pécheur, on le vit demeurer à son chevet trois jours et trois nuits de suite . Au milieu de la dernière semaine de sa vie, comme il était en oraison au pied du saint Sacrement , il entendit très-distinctement ces paroles : « Ignace, prépare-toi au prochain voyage de l'éternité » — « Mon cœur est prêt , répondit aussitôt l'homme de Dieu , en pleurant de joie, mon cœur est prêt à quitter la terre». Et donnant avec une nouvelle ardeur ses deux derniers jours aux âmes et à la prière, il s'endormit doucement dans le Seigneur, à l'âge de quarante-quatre ans.

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