XII FÉVRIER. — P. NICOLAS GALLETTI
C'était un des postes les plus dangereux du Nouveau-Monde, exposé sans cesse aux ravages des Caraïbes, dont la férocité naturelle était encore accrue par la haine du nom chrétien. C'est là que le P. Loverso, après moins de trois ans d'apostolat, devait cueillir hi palme du martyre. Surpris au bord d'un fleuve par quelques pirogues de ces barbares, il fut aussitôt renversé h terre et tellement battu à coups de massue, que son corps et sa tête broyés n'offraient plus aucune forme humaine, quand ses néophytes vinrent en recueillir les lambeaux.
BoERO, Menol. , 12 febbr. , p. 218. — Cassani, Historia de la Provincia de la Cotnpahia de Jésus del Nuevo Reyno de Granada, p. 207, 602. — Borda, Histor. de la Compahia de Jésus en la Nueva Granada^ t. 1, liv. 4, p. 160.
Le douzième jour de février moururent saintement, à Palerme, l'an 1656, le P. Nicolas Galletti, héritier des princes de Fiume- Salso en Sicile, et le P. Dominique Centi à Rome en 1751.
Le P. Nicolas Galletti, marquis de San-Cataldo à l'âge de dixhuit ans, s'était aussitôt dépouillé avec bonheur de toutes ses dignités et de son immense fortune, pour suivre Jésus-Christ pauvre et humble. Afin de rendre sa renonciation plus irrévocable, il fut admis à prononcer les trois vœux de profès quelques semaines seulement après les vœux simples des Scolastiques. Lorsqu'il expira dix ans plus tard, rapidement consumé par la ferveur de son application à tous ses devoirs : « Béni soit Notre-Seigneur, répétait-il avec des transports de joie sur son lit de mort ; béni soit Notre-Seigneur, qui m'a fait la grâce, non seulement de lui sacri-
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fier les biens et les honneurs de la terre, mais encore de lui donner ce que j'avais de plus intime, mes forces, mon cœur, mon sang et ma vie » !
Le P. Dominique Cenïi, professeur de théologie morale, et directeur d'une des principales congrégations de la très sainte Vierge, au Collège Romain, pendant environ trente ans, se consuma plus lentement, mais d'une manière plus effrayante pour la nature, par le martyre de la pénitence. Bien peu paraissent l'avoir surpassé dans l'amour de la croix. Tandis qu'il formait ses congréganistes à reproduire en eux les plus belles vertus du Sauveur et de sa sainte Mère, il avait choisi pour son partage les douleurs de la Passion. Les fouets, les liens, les épines, les clous, le vinaigre, le fer et le feu, lui servaient tour à tour à se crucifier, comme purent l'attester des témoins oculaires. Au nom de Jésus souffrant, ce saint homme était parvenu à décider, malgré toute leur résistance, deux prêtres, ses pénitents, à employer contre lui, durant vingt années, les plus rudes instruments de torture. 11 redoublait surtout ses austérités dans les temps de péchés, tels que le carnaval, et durant la semaine sainte. Mais dans la relation écrite de leur main, que l'on conserve encore à Rome, « Dieu, ajoutent ces ecclésiastiques, semblait par un perpétuel prodige approuver les pieux excès de son serviteur ; car ses plus profondes blessures se cicatrisaient presque aussitôt, laissant à peine une trace visible, et lui permettaient ainsi sans cesse de les rouvrir, sans mettre sa vie en danger.
P. Nicolas G\lletti. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul. , t. 2, p. 628. — Nadasi, Annus dier. memorab., 12» febr., p. 87.
P, Dominique Cknti. — Bokro, Menol. , 12 febbr., p. Ili.