XV FEVRIER
Le quinzième jour de février de l'an 1733, mourut saintement au Collège Romain, à l'âge de soixante-quatorze ans, le P. Joseph- Antoine Patrignani, né près de Sinigaglia dans la Marche d'Ancône, et dès son adolescence, l'un des plus fidèles imitateurs de saint Stanislas, parmi les novices de Saint-André. Dieu voulut que sa vie ne fût qu'une longue infirmité. Malgré ses rares talents, Antoine Patrignani n'eut pas assez de santé pour achever ses études ; mais il comprit que ce n'était pas là un obstacle pour devenir un saint. N'aspirant qu'à se dévouer dans les plus obscurs emplois, il demanda et obtint à Florence une des dernières classes de grammaire, oij ses supérieurs le laissèrent trente-cinq ans de suite au milieu des plus jeunes enfants. Ce fut pour eux qu'il composa ses divers opuscules, La divine enfance de Jésus, La dévotion à saint Joseph, La vie et la mort admirable de (juelques élèves du Séminaire Romain, semence précieuse jetée dans bien des âmes innocentes, et qui le faisait regarder dans sa vieillesse comme le père et l'apôtre de Florence.
En même temps, pour mieux entretenir au fond de son cœur l'aifection, la vie et l'esprit de sa vocation, aussi bien que pour contribuer selon son pouvoir à la sanctification de ses frères, il
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traduisait en italien les lettres de saint François Xavier, et recueillait peu à peu ses belles notices sur un si grand nombre de saints religieux, dont il nous a conservé la mémoire. Ainsi s'écoulèrent sans éclat et sans bruit, toujours dans la même classe, au milieu de continuelles souffrances, les saintes et laborieuses années de cet humble professeur, dont les œuvres ont encore aujourd'hui une si belle part à la dévotion des âmes fidèles envers l'enfant Jésus et saint Joseph, ainsi qu'à la ferveur et au zèle des enfants de la Compagnie.
BoERo, Menologio, 15 febbr., p. 281. — de Backer, Bibliothèque des Écrivains. .,!«■■<= édit. , ^ 4, p. 522.
* Le quinzième jour de février de l'an 1642 mourut à Rome le P. Louis Fetia, dont le P. Mutins \'itelleschi. Général de la Compagnie, ordonna de prononcer l'éloge public au réfectoire, comme celui d'un religieux d'une vertu insigne. Etant Scolastique, Louis Fetia avait fait auprès du P. Claude Aquaviva les plus vives instances pour être envoyé dans les Indes : « Non, lui avait répondu le Père Général, la volonté de Dieu est que les Indes pour vous soient le Séminaire Romain ». Refoulant aussitôt ses désirs, l'enfant de saint Ignace avait courbé la tête avec une humble et joyeuse soumission, et pendant quarante-six années consécutives, il dépensa, dans les fonctions de Ministre et de Sous-Ministre au Séminaire Romain, le zèle et le dévouement qu'il aurait voulu déployer au milieu des infidèles, sans que jamais ni l'ennui ni la fatigue.