XVII FEVRIER
Le dix-septième jour de février, h Turin, mourut l'an 1S98, le P. Gaspar de Georgiis, Ministre du collège de cette ville depuis environ dix ans, admirable par sa vie intérieure et son union à la Très Sainte Trinité. Aussi durant sa longue et cruelle maladie, tandis que le misérable état de son corps arrachait des larmes à ses frères, il ne donnait pas un signe de tristesse, et jouissait perpétuellement de la plus douce paix. « Jamais je n'eusse cru, disaitil, si la bonté toute pure de mon Dieu ne me le faisait sentir, qu'un mourant pût se trouver si heureux ; tant il me semble déjà que le ciel s'ouvre pour moi, malgré mon indignité » ! Et comme il allait rendre le dernier soupir : « Mon Père, dit-il à son supérieur, dès que mon âme aura paru devant Notre-Seigneur, récitez, je vous en prie, avec mes frères, trois fois l'oraison dominicale et la salutation angélique, pour remercier la Très Sainte Trinité du bienfait de ma vocation, et de ma persévérance jusqu'à la mort dans la Compagnie de Jésus » !
Litter. Ann. Soc. Jes., ann. 1598, p. 114. — Na.da.si, Pretiosee occupation, morîent. in Soc. Jes., c. 6, n. 2, p. 41.
228 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
Le dix-septième jour de février de l'an 4626, mourut à Palerme, en odeur de sainteté, le P. Rutilio Scirotta, reçu à I âge de soixante-et-un ans parmi les novices, et moins de cinq ans après, admis à la profession des quatre vœux par "le P. Vitelleschi, à cause de ses éminentes vertus. 11 avait parcouru successivement tous les degrés de la magistrature, et s'était vu, par son seul mérite, élevé aux premiers honneurs, sans jamais les solliciter. Dévoué au service de la Reine du ciel dans la florissante congrégation des nobles, il y avait appris, avec tous les exercices de la vie chrétienne, à faire régner Dieu dans sa famille, à soulager assidûment Jésus-Christ dans les pauvres, et h rendre la justice comme lieutenant même de Dieu. Quand la mort lui eut ravi sa femme, et que ses deux filles se furent consacrées au Sauveur et à sa sainte Mère, il songea à ne plus vivre que pour Dieu, et à l'âge de près de soixante ans, il reçut le sacerdoce. Mais bientôt les honneurs de l'Église vinrent le chercher : pour s'y dérober, il n'hésita pas, malgré son âge, à frapper à la porte du noviciat.
Ce fut un beau et salutaire spectacle, de voir ce noble vieillard dans une cuisine, ou un hôpital, docile en tout comme un enfant à la voix de quelques jeunes novices, parcourant à pied, pour demander l'aumône de porte en porte, ces mêmes rues de Palerme, où le mauvais état de sa santé, aussi bien que son rang et sa fortune, ne le laissaient paraître naguère que dans un délicat et brillant équipage. Les onze années que le P. Scirotta vécut dans la Compagnie, furent loin d'être inutiles à la gloire de Notre-Seigneur. Tout le jour il lui fallait donner audience aux magistrats ou à la noblesse sicilienne ; les questions les plus épineuses lui étaient
XVII FÉVRIER. — P. RUÏILIO SCIROTTA. 229
soumises, et il avait une souveraine autorité pour faire prévaloir les droits et le service de Dieu. Enfin sentant la mort approcher, il demanda qu'on lui permît de ne plus penser à la terre, et s'entretenant en silence, avec une grande aiîection, des saintes et pures joies de posséder, de voir et d'aimer Dieu éternellement, il s'éteignit, le sourire sur les lèvres, à l'âge de soixante-douze ans.
CoHDARA, Histor. Soc. Jes. , part. 6a, tom. poster. , ^. 11, n. 37, p. 13. — Aguileha, Histor. Prov. Sicul. , t. 2, p. 207. — Boero, Menol. , 17 febbr. , p. 303.