‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 9 sur 331 · V JANVIER. P. CHARLES-FRÉDÉRIC SAIAJZZO · texte numérisé non relu

V JANVIER. P. CHARLES-FRÉDÉRIC SAIAJZZO

Supérieur duranl tl(^ longues années et dans nombre de Provinces, il témoignait une aiVection très particulière aux Frères Coadjuteurs, les consolait dans leurs peines et leui- apprenait à devevenir des saints ; c'est à lui <pu' remonte dans la Compagnie l'usage de leur donner les points de méditation. Mais la couronne au V. Fazio, ce furent ses novices de Saint-André, .lamais peut-être aucun autre noviciat n'offrit ou n'olfrira un pareil spectacle. .\ussi lorsque le saint vieillard, sur sou lit de mort, attendait l'heure de sa délivrance, baisant son crucitix et répétant ces belles paroles : « Iiife)- hrachia Domiiii niei et vivere i'olo et inorl cupio, c est entre les bras de mon Seigneur que je veux vivre et nu)urir » ; une glorieuse troupe de ses anciens novices, déjà couronnés au ciel, le Bienheureux Rodolphe Aquaviva et saint Stanislas à leur tête,' vinrent, dit- on, le réjouir de leur pi'ésence, et recevoir son Ame pour la portei' au trône de Dieu.

Patrignani, MenoL, 5 demi. . p. .57. — Nad.vsi, Annus dier. memorab., 5a Janiiar., p. M. — Aguileua, Provinciae Sicul. S. J. ortus, t. 1, p. 209, 215, 343 seqq. — Alberti, deW Istoria délia Compagnia di Gesù, la Sicilia, p. 328, 346, 365 suii'. , 445, 457, 480. — Schinosi, Jstoria délia Compagnia di Giesii, appartenenle al regno di Napoli, t. 1, p. 55, 397, 419; /. 2, p. 288 suiv. — Sotuellus, Biblioth. Scriptor. Soc. Jesu, p. 531. — DE Backeb, Biblioth. des Écrivains ... , édit. Som- MERvoGEL, iu-fol., t. I, p. 1795. — Alcazar, Chrono-historia de la Compania de Jésus en la Proi'incia de Toledo, t. 2, /;. 186-188.

Le cinquième jour de janvier, à Turin, l'an 1681, mourut le P. Gharles-Frédéru; Sai.uzzo, dont la première enfance, mise sous

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la protection spéciale de la Reine des Anges, avait rappelé les plus beaux exemples de la vie des suints. Il suppliait Notre-Seigneur et ses maîtres de ne lui passer aucune faute, et il goûtait dès lors le bonheur, si j)eu connu à son Age, des humiliations acceptées pour Tamour de Dieu. Sa mère l'obligeait quelquefois de l'accompag-ner aux fêtes du monde, :i quelque bal ou à (juclque festin ; mais ce très chaste enfant ne s'y rendait jamais, sans être armé d'une ceinture à pointes de fer, aiin <[ue la douleur lui rappelât sa résolution de veiller sur tous ses sens. 11 n'eut pas une seule lois un «égard môme involontaire à se reprocher. Sa mère lui mit un joui- au doigt un anneau précieux, qui devait être son anneau de noces; mais dès qu'il fut seul, Frédéric Saluzzo courut le mettre au doigt d'une belle statue de la Vierge immaculée, protestant qu'il ne voulait pas d'autre épouse, et la suppliant de lui ouvrir les portes de la (Compagnie de Jésus, où il se consuma rapidement d'amour, et expira en odeur de bénédiction à l'Age de trente-quatre ans.

PATaiGN.\Ni, Menai., :> Genn., p. 60.

Le ein(|uième jour de janvier de l'an 1707, mourut à Milan le P. Charles-Grégoire Rosignoli, homme, dit l'auteur de son éloge, « d'une bonté antique », d'un calme et d'une égalité d'humeur que rien ne troublait, d'une gaieté douce et aimable qui le rendait cher à tous, d'une piété, d'une familiarité avec Dieu, avec la sainte Vierge et les saints, qui est le privilège des Ames innocen-

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tes, enfin d'une fidélité généreuse et inébranlable à tontes les prescriptions de la règle.

11 passa la plus grande partie de sa vie religieuse dans renseignement, où il occupa tour à loui- les chaires de rhétorique, d«; philosophie, d'l*]ei'itu)'e sainte, do théologie scolastique et morale ; il remplit ensuite les principales charges de sa Province, et partout il fit éclater, avec la mansuétude et l'aménité de son caractère, une prudence surnaturelle cl une sollicitude toujours en éveil pour le maintien de la discipline. Ces occupations auraieni pu suffire, ce semble, à l'absorber tout entier ; mais telle était son attention à mettre à profit les moindres parcelles de son temps, qu'il trouva le moyen de composer de nombreux ouvrages de piété. 11 ne fut pas heureux d'abord. Un de ses premiers essais fut rejeté, comme écrit d'une manière trop néglig-ée. Le P. Rosignoli ne se découragea point ; il exerça sa plume, étudia les modèles, et à force de travail, parvint à se faire un style non seulement pur et correct, mais agréable, limpide, et d'une simplicité pleine d'élégance. La plupart de ses ouvrages, Les irtervellles de Dieu dans ses saints, — - dans le saint Sacrement^ — dans les âmes dit purgatoire. Les mérités éternelles, ont été souvent réimprimés et traduits en plusieurs langues ; l'opuscule sur L^c choix d'un état de vie a peuplé les Ordres religieux d'une multitude de jeunes gens, sauvés par lui de la corruption du monde.

Un mal terrible lit des (huniers jours de sa vie une sorte de martyre. Au milieu des plus cruelles tortures causées par l'emploi du fer et du feu, le P. Rosignoli ne perdit rien de sa sérénité et de sa joyeuse humeur ; il ne paraissait pas même se douter que la mort approchait à grands pas. On crut devoir enfin l'avertir;

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il n'en fut pas seulement ému: « Que voulez-vous? dit-il; toute ma vie, je u'ai cessé de penser à Dieu, à la très sainte Vierge et aux saints, à la condition qu'ils j)enseraient à moi au moment de ma mort; je neveux en prendre ni peine ni souci ». Kl quelque temps après, l'aimable et saint vieillard remit paisiblement et joyeusement son Ame entre les mains de Dieu. 11 était dans la soixante-seizième année de son àg-e el la cinquante-sixième depuis son entrée dans la Compag-nie.

RosiGNOLi, Opère spirituaii c inorali o in 4". Venezia. 1713. Notice entête du i*^^ vol. — Pathignani, Menologio. .") Genn., p. 61. — dk Backer, Biblioth. des Écrimins... , 1"* édit.. t. 2, /;. .î32. — PELtEh, Dictionn. hisloriq., édit. t8.'J9, /. ;>, p. 329.

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