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Le sixième jour de janvier de l'an 1579, mourut saintement h Gatane, le F. Blasco Statella, chef de l'une des plus puissantes familles de la Sicile, grand éclianson de Charles-Quint et gouverneur héréditaire de la citadelli- de Catane. Après la nioit de sa femme, il vint, à l'âge de près de soixante ans, frapper à la porte du noviciat de la Compagnie. Kien ne put le retenir, ni ses grands biens, ni l'amour de ses enfants. L'un d'eux même, le jeune Vincent, animé par son exemple, dit adieu à toutes les espérances du siècle, et alla le rejoindre. Le vieillard en rendit grâces à Dieu ; il se réjouissait à la pensée que le jeune homme, devenu prêtre, lui fermerait les yeux, après l'avoir encouragé el fortifié par les derniers sacrements de l'Eglise; mais il dut faire à Dieu le sacrifice de cette suprême (,'onsolation ; Vincent fut emport('' après quelques mois à peine, dans la fleur- de son innocence, au noviciat de Messine. Pour lui, il refusa , par humilité l'honneur du sacerdoce, et il finit ses jours dans le degré de simple Frère Coadjutenr. portier du collège de cette même ville île Catane, où il avait cessé depuis neuf mois à peinir de commander. Jamais on n'avait joui d'un pareil spectacle ; mais dans un si court espace de temps, l'exemple du F. Statella fut la plus ellicace de toutes les prédications A. I. — T. 1. — 5. 33
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pour détacher doucement les plus nobles familles des dangereux attraits du monde, et leur inspirer le désir d'être tout à Dieu.
Patrignani, Menol. , 6 Genn., p. 64. — Alberti, Istoria délia Provinc. di Sicilia^ p. 384, — Aguilera, Histor, Provinc. Sicul., t. 1, p. 223.
Le sixième jour de janvier mourut en 1635, au collège de Monreale, le P. Benoit Rogasi, saint vieillard, âgé de quatre-vingtdix-huit ans, dont il avait passé soixante-treize dans la Compagnie. Durant tant d'années, dit le P. Aguilera, dans les charges de Procureur, de Ministre et de Recteur, qu'il avait exercées dans les différents collèges de sa Province, il n'avait pas donné lieu à une plainte. On le voyait, à l'àge de quatre-vingt-quinze ans, suivre encore sans aucune exception la vie commune, ne jamais s'exempter du jeûne, se flageller rudement, et prier toujours à genoux sans appui. On le citait dans toute la Sicile, comme le modèle des jeunes religieux, et la vivante image des premiers compagnons de notre Bienheureux Père dont il avait reçu des leçons de sainteté. Les trois années qui précédèrent sa mort, le P. Rogasi fut cloué sur un lit de douleur ; mais la sérénité de son visage témoignait assez qu'il n'avait pas d'autre désir que d'être dans l'état où Dieu le voulait. 11 se trouvait toujours trop bien servi, et sa charité se montrait ingénieuse à excuser les négligences des Frères chargés de prendre soin de lui. 11 ne leur donnait, disait-il, que trop de peine, et suppliait son supérieur de ne pas leur re-
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procher même leurs impatiences ou leurs oublis. Quelques jours avant de rendre le dernier soupir, Dieu le délivra de toutes ses souffrances et de toutes ses misères, et il s'endormit doucement du sommeil des prédestinés.
Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 302.
* Le sixième jour de janvier de l'an 1570, mourut à Rome le F. Jean Lauretani, Coadjuteur temporel, dont nos historiens ont voulu conserver la mémoire pour servir à tous d'utile leçon, et faire éclater en même temps la Providence particulière et miséricordieuse de Dieu sur les enfants de la Compagnie. Le F. Lauretani était sacinstain du Collèg-e Romain, et s'acquittait de son emploi avec beaucoup de diligence et de piété. A l'époque de la rénovation des vœux, il fut pris d'un asthme, d'apparence bénigne du reste ; mais pour ne pas l'irriter, il crut bien faire de remettre à plus tard sa confession générale des six derniers mois. Or, la nuit suivante, il lui parut voir un jeune homme, une lance à la main, ■qui lui disait d'un Ion menaçant : « Pourquoi ne fais-tu pas ta confession générale » ? Epouvanté à ces paroles, le F. Lauretani promit de faire non seulement la confession ordinaire des six mois, mais celle de toute sa vie. En effet, dès le matin, il était aux pieds de son confesseur. Presque aussitôt après, le mal empirait avec une violence inattendue, et le réduisait en peu de temps à l'extrémité. Mais son âme surabondait de confiance et de joie. Voyant toute la communauté réunie autour de sa couche : « Mes Pè-
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res et mes FYères, dit-il, je vous en prie, mettez-vous à g-enoux, et récitez pour moi le Salve Regina ». La pieuse antienne à peine Unie, il remit doucement son àme à Dieu.
S.vccHiNLs, Histor. Sociel. Jesu, part. 3". lib. (i, n. 17 seqq., p. Tlk. — PATRiGN.VNr, Menol. , 6 Genn. , p. 64.
* Le sixième jour <le janvier de l'an 1753 mourui à Busseto, dans la maison de troisième probation de la Province de Venise, le P. Charles Silvestrt, l'ami, le frère, le père des pauvres et de tous les malheureux. 11 étail d'une santé si délicate et d'une constitution si frêle, qu'on se demandait, quand il vint à quinze ans se présenter au noviciat, quels services il pourrait rendre dans un Ordre voué pai' vocation à toutes les fatigues. « Mais en vérité, dit l'auteur de son éloge, n'eût-il fait qu'offrir aux Nôtres un modèle si parfait d'innocence, de candeur, de régularité religieuse, de modestie et d'humilité, les supérieurs auraient été en droit de s'applaudir devant Dieu et devant les hommes, de lui avoir ouvert les portes de la Compag-nie ».
Le P. Silvestri montra bientôt ce <|ue peut une àme généreuse, môme dans un corps infirme. Laissant à d'autres les ministères plus éclatants, il embrassa l'apostolat des pauvres. Chaque jour après midi, il descendait dans la cour de la maison, et là, il réunissait tous les misérables, les vagabonds, les mendiants, les estropiés, ([ui dans les villes sollicitent la pitié publique ; il