XXIII FEVRIER
Le vingt-troisième jour de février de l'an 1637, mourut à Naples le P. François Pavone, l'apôtre du clergé de cette grande ville et de l'Italie entière. L'amour de Dieu, l'obéissance, la pureté des anges semblèrent, pour ainsi dire, naître et grandir avec lui. Plus tard, il attribuait surtout la conservation sans tache de sa chasteté à la vertu divine de la fréquente communion. Le renoncement à sa volonté propre pour ne dépendre que de celle de Dieu, manifestée par ses supérieurs, était en lui d'une telle perfection, qu'il ne craignit pas de dire un jour ( et l'on eut lieu de croire qu'il en avait reçu la promesse par révélation divine ) : « Je suis sûr que mon père saint Ignace viendra me recevoir à bras ouverts, lors de mon entrée dans le ciel, pour avoir toujours obéi, sans jamais faire ma propre volonté ». Appliqué durant trente-cinq ans à enseigner tour à tour la grammaire, les belles-lettres, la philosophie, l'hébreu et l'Ecriture sainte, il ne songeait qu'à s'acquitter de sa charge sous les yeux de Dieu. Parmi les faveurs insignes qu'il reçut en récompense, Notre-Seigneur lui accorda la vocation d'un nombre extraordinaire de ses élèves. Professeur de philosophie, il en vit jusqu'à soixante embrasser la vie religieuse ; et l'on