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assure qu'à la fin d'un de ses cours d'humanités, tous renoncèrent au monde, sans une seule exception.
Toutefois le zèle des âmes lui réservait bien d'autres merveilles. 11 avait demandé les missions des Indes, poussé par un extrême désir de souffrir et de mourir par le fer ou par le feu, pour l'amour de Jésus-Christ. Ce bonheur ne lui fut pas accordé ; mais Notre-Seig-neur l'assura qu'il n'en travaillerait pas moins efficacement à sa gloire, en se dévouant, dans sa patrie, à la sanctification du clergé. Ce fut alors qu'il conçut le projet de sa célèbre congrégation de prêtres, l'une des plus belles œuvres qu'ait entreprises la Compagnie. Pour mieux en assurer le succès, il inspira d'abord à une trentaine d'ecclésiastiques le désir d'étudier la sainte Écriture, et il s'offrit à leur en donner publiquement quelques leçons. Ils acceptèrent avec joie. Le P. Pavone les réunissait deux fois par semaine. Aux explications du texte sacré, il joignit peu à peu d'autres leçons ; il leur donnait des conseils sur le soin de leur âme, la grandeur de leurs devoirs, et les moyens d'instruire et de sanctifier leur troupeau. En moins d'un an, plus de trois cents prêtres demandèrent à faire partie de ces réunions. On comptait parmi eux des chanoines de la cathédrale de Naples, des curés, des abbés et des supérieurs de plusieurs monastères, avec un grand nombre de religieux, enfin le nonce du Pape et le cardinal archevêque dont l'exemple fut suivi, dans l'espace de quelques années, par plus de cent-vingt prélats. Plusieurs Généraux d'Ordres et plus de quinze cardinaux sortirent en peu de temps de cette congrégation. Avant la mort du P. Pavone, elle comptait, dans le seul royaume de Naples, plus de quatre-vingt-dix succursales. On peut voir dans son règlement et dans son histoire, publiés de nou-
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veau en 1853, les fruits immenses qu'elle n'a cessé de produire depuis plus de deux siècles et demi.
C'était encore trop peu de chose pour cet homme apostolique. Il fonda des congrégations de jardiniers, de porte-faix, de maîtres d'école. La jeunesse ressentit bientôt les plus salutaires effets de cette dernière. Mais alors tovit l'enfer se déchaîna contre lui. La jalousie et l'intérêt furent mis en jeu, et allèrent jusqu'à établir d'autres associations rivales, où l'on promettait des secours à ceux qui en auraient besoin. Après huit années de persécutions et de luttes, le P. Pavone dut céder à l'orage. Ses efforts ne furent néanmoins ni sans récompense de la part de Notre-Seigneur, ni sans utilité pour les âmes. Outre le mérite de ses souffrances, manifesté par une multitude de prophéties et de miracles, les instructions que son zèle lui fit composer à ce sujet, soit pour les écoles, soit pour les familles chrétiennes, devinrent comme une sorte de catéchisme, lu publiquement et expliqué au peuple par l'ordre exprès des évêques, dans les églises de Naples et d'une grande partie de l'Italie. Enfin cet admirable serviteur de Dieu succomba sous le poids de tant de fatigues. Ses funérailles furent célébrées dans l'église du collège au milieu d'une afïluence et avec une solennité dont les annales de la Compagnie, disent les historiens, n'offrent peut-être pas d'autres exemples. Le cardinal-archevêque de Naples, entouré de nombreux évêques et de tout le chapitre de sa cathédrale, voulut assister à la cérémonie, et honorer, par ce témoignage public d'estime et de vénération, le religieux auquel tout le clerg-é du royaume devait le renouvellement de l'esprit sacerdotal. Le P. Pavone était dans la soixante-huitième année de son âge et la cinquante-deuxième depuis son entrée dans la Compagnie.
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Anton. Barone, Délia Vita dcl P. Francesco Pavonc, Napolî, 1700. — Notizie istoriche délie Congregazioiii ecclesiastiche . . . Napoli, 1853 ; Cf. La Civillà vatlolica^ 2" se/*., t. 5, p. (580. — kSotuellus, Blbliotheca Scriptor. , p. 240. — DE Backer, Bibliothèque. . ., 1'" e'dit., t. % p. 474. — Patrignani, Meiiol., 23 febb., p. 210. — Nadasi, Annus dier. niemorab., 24a febr., p. 109. — Drews, Fasd Soc. Jes., 24 f'ebr. , p. 74. — San- TAGATA, Istoria délia Proniic. di Napoli, t. 3, p. 3,51, 418 et suiu., .508 ; /. 4, p. 161, 235, 433 et suiv., 574. — Nieremberg, Varones ilustres, t. 3, p. 673. — Tanner, Societ. Jesu apostolor. imitatr., p. 666. — Gré- TiNEAU-JoLY, Histoii'e de la Compagnie, t. 3, p. 373, note.