XXV AOUT. F. GÉRARD CANISIUS
l'âge de deux ans, il avait été offert par sa pieuse mère à la Compagnie. Dès ce même temps, par une sorte d'instinct surnaturel qu'on retrouve dans la vie de plusieurs saints, il avait paru comprendre les délicatesses et les saintes réserves de la vertu angélique. Devenu jeune homme, Gérard Canisius répondit aux désirs de sa mère et s'enrôla dans la milice de saint Ignace.
L'amour de sa vocation fut comme son trait distinctif. Atteint d'une maladie de langueur pendant sa troisième année de régence, il fut envoyé à Courtrai respirer l'air natal. Gomme on parlait de le placer chez son père, qui était médecin, il fît les plus vives instances pour rester au collège au milieu de ses frères, dût-il lui en coûter le sacrifice de sa vie. Notre-Seigneur fit la grâce à sa famille de comprendre ce langage. Son père venait le voir souvent sur son lit de douleur et, loin de s'abandonner devant lui à une douleur amollissante, cet admirable chrétien ne se lassait pas de le féliciter de mourir sous les livrées de saint Ignace. Le F. Canisius tressaillait lui-même d'une sainte allégresse, fruit et récompense d'une vie très pure, d'une grande union de cœur avec Dieu et d'une très fidèle observation de toutes les règles. Il expira à l'âge de vingt-quatre ans ; il en avait passé cinq dans la Compagnie.
Suminar. vitse defunct. Provinc. flandr.-belg. {ArcJiiv. Rom.).