XXV AOUT. P. RICHARD FLEMING
Lettre du P. Olivier Manare au Père Général Jacques Lainez pour annoncer la mort du P. Corneille Wischaven, « di Loreto alli 25 d'agosto J559 ». {Archiv. Rom.). — Aguilera., Histor. Provinc. Sicul., t. 1, p. 25. — Sacchinus, Histor. Soc. Jesu, lib. 3, n. 55, p. 90. — Tanner, Societ. Jesu apostol. imitatr., p. 70-76. — Nieremberg, Varones ilustres, t. 5, p. 274-289. — Rho, Varias virtut. histor., p. 731, 791. — Reiffenberg, Histor. Provinc. Rheni Inf'er,, lib. 1, p. 12. — Imago primi sœculi, p. 731 seqq., 865, 866. — b'Oultreman, Tableaux des personnages..., p. 117. — Nadasi, Ann. dier. me/nor., 25'» aug., p. 123. — Drews, Fasti..., 25" aug., p. 328. — Patrignani, Menol., 25 agost., p. 198. — Précis histor., 1862, p. 457 suiv.
* Le vingt-cinquième jour d'août de l'an 1590, mourut à Pont-à- Mousson le P. Richard Fleming, premier chancelier de cette université. Il était issu d'une noble famille d'Irlande. La distinction de ses traits et de ses manières, la modestie religieuse de son maintien excitaient à la fois le respect et l'édification. A ces qualités extérieures, il joignait une science profonde et fut jugé digne de succéder au célèbre P. Maldonat et de soutenir avec le P. Tyrie l'héritage de gloire que cet illustre professeur avait légué à la Compagnie. Il enseigna près de dix ans la théologie au collège de Glermont, avec un succès toujours croissant.
C'est dans cette période de temps qu'il eut la célèbre révélation rapportée par le P. Sacchini dans l'Histoire de la Compagnie. La cinquième Congrégation générale était réunie à Rome pour donner un successeur au P. Everard Mercurian. La veille de l'élection, le P. Fleming prit à part le P. Jacques Tyrie, son collègue, et et plus tard Assistant de France et de Germanie : « Connaissez-vous le P. Claude Aquaviva », lui dit-il ? Lui-même ne l'avait jamais vu et
savait à peine son nom. « Je le connais, répondit le P. Tyrie ; mais pourquoi cette question ? — Je vais vous le dire, continua le P. Fleming, pour rendre gloire à Dieu. Cette nuit, je m'étais levé et mis en prière pour l'heureux succès de la Congrégation. Il me parut alors que la Bienheureuse Vierge m'introduisait dans la salle où les Pères étaient réunis pour donner leurs suffrages ; puis la très sainte Mère de Dieu, prenant par l'épaule un Père encore jeune, le fit avancer au milieu de l'assemblée ; et se tournant vers les électeurs : « Pour Général, dit-elle, nommez Claude Aquaviva ». Les Pères firent un signe d'assentiment, et la vision disparut. »
De Paris, le P. Fleming fut envoyé à l'université de Pont-à-Mousson, où il remplit les fonctions de chancelier et occupa aussi les chaires de théologie dogmatique et morale. 11 mourut avec la réputation d'un saint et savant religieux. Quelque temps après sa mort, le P. Thomas Darbyshire, homme non moins recommandable par sa prudence et sa grande perfection que par son habileté dans le discernement des esprits, déclara devant plusieurs des Nôtres que le P. Fleming lui était apparu ; il ajouta qu'il avait retiré de ses paroles un sentiment de joie inexprimable. Le P. Fleming avait passé environ trente ans dans la Compagnie.
Sacchinus, Histor. Societ. Jesu, part. 5^ lib. 1, n. 32, p. 7. — Abram, L'Université de Pont-à-Mousson, publiée par le P. Aug. Carayon, p. 283. — HoGAN, Ibernia Ignatiana^ p. 26. — Foley, Records, t. 7, p. 263. — Oliver, Collections, p. 246.
* Le vingt-cinquième jour d'août de l'an 1620, mourut très pieusement à Courtrai sa patrie le F. Gérard Ganisius, Scolastique. A