XXVIII AOUT
* Le vingt-huitième jour d'août de l'an 1675, mourut à Kowno le P. Frédéric Meynck, à qui son zèle fit donner le surnom de marteau des hérétiques. Il était né lui-même dans l'hérésie d'une famille établie en Gourlande. Eclairé de bonne heure des lumières de la vérité, il se fit catholique, malgré l'opposition de sa famille et s'enfuit à Vilna pour mettre en assurance le trésor de sa foi. A trente ans, il entra dans la Compagnie et, dès qu'il eut terminé le cours des épreuves ordinaires, il ne pensa plus qu'à se dévouer à la conversion de ceux dont il avait partagé les erreurs. Grâce à ses démarches, la mission de Schoenberg fut établie et devint un centre d'où nos Pères pénétraient en Livonie et en Courlande. Il travailla pendant plusieurs années au milieu de ces populations presque entièrement luthériennes, et eut l'honneur d'}' supporter non seulement de grandes fatigues, mais encore de violentes persécutions et la rigueur des fouets.
C'est encore à l'activité du P. Meynck qu'on dut en grande partie la convention passée entre les gouvernements de Pologne et de Suède, grâce à laquelle l'exercice de la religion catholique était publiquement autorisé en Courlande et d'une manière privée dans la Livonie suédoise, convention qui ouvrit aux ouvriers de la Compagnie les missions de Riga, de Dorpat et de la Livonie citérieure,