XXIX AOUT
Le ving-t-neuvième jour d'août de l'an 1676, mourut à Lublin le P. François Czornicki, frère du général en chef des troupes de Lithuanie et de Pologne, dont il accompagna plus d'une fois les drapeaux en qualité d'aumônier. Loin de profiter lui-même du rang et des honneurs de son frère, il ne cherchait rien avec tant d'ardeur que la pauvreté, la souffrance et le mépris. Rencontrant un jour un mendiant à peine vêtu, il lui donna sa chemise et se revêtit de celle de ce malheureux où fourmillait la vermine. Tous les genres de souffrances inventés par les saints contre leur propre corps, devinrent familiers au P. Czornicki, comme nous l'assurent les relations polonaises : les orties et les épines d'un saint Benoît, les neiges et les eaux glacées d'un saint François et d'un saint Patrice, et les autres industries du plus ingénieux amour de la croix. Dans sa vieillesse, trouvant que la vigueur de son bras ne répondait plus à ses désirs, il parvint à persuader à un des aides de la justice de l'attacher souvent à une poutre, comme Notre-Seigneur à la colonne, et de l'y flageller jusqu'au sang, en n'épargnant que ses mains et sa tête, pour qu'au dehors nul ne s'aperçût de rien. Le P. Czornicki expira très saintement à l'âge de soixante-six ans, dont il avait passé cinquante dans la Compagnie.
Patrignami, Menol.^ 29 agost., p. 240.