‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 117 sur 356 · XXXI AOUT · texte numérisé non relu

XXXI AOUT

Le trente-et-unième jour d'août de l'an 1648, mourut à Bruxelles sa patrie Augustin Ricardt, encore dans la force de l'âge, mais épuisé par les travaux du plus humble et du plus pénible apostolat. Il s'était engagé devant Dieu à ne jamais refuser aucun service, à moins qu'il n'en fût empêché par ses règles ; « Je demanderai, ajoutait-il, à Dieu et à mes supérieurs, de me donner à remplir par obéissance les fonctions qui me répugnent le plus ; car je désire de cœur, en toutes choses, briser ma propre volonté. Je ne chercherai jamais ni poste, ni chaire, ni confessionnal, qui me mette en rapport avec les riches et les grands, mais bien plutôt ceux où je trouverai le peuple et les pauvres ; je prends à témoin mon Seigneur crucifié que mon plus intime désir est d'assister les âmes ignorantes, dévoyées et délaissées ».

Le P. Ricardt avait fait l'apprentissage de cet obscur et laborieux ministère, à la suite des armées du roi d'Espagne, alors en guerre avec la France. Dans un combat près de Namur, où les troupes de Louis XIV remportèrent la victoire, il venait d'absoudre, au péril de sa vie, de pauvres blessés baignés dans leur sang, quand il fut pris et conduit au général français. Celui-ci le reçut avec respect et lui fît servir des rafraîchissements. Mais l'homme de

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