XXXI AOUT. P. GUILLAUME DE WAEL VAN VRONESTEYN
Dieu, se rappelant la parole de Notre-Seigneur sur la croix : « Ah ! dit-il, j'ai une autre soif plus grande qui me tourmente. Permettez-moi de retourner sur le champ de bataille ; peut-être s'y trouve-t-il quelque blessé qui m'attend pour mourir. Au reste, je vous en donne ma parole, je reviendrai me constituer prisonnier ». Le général s'efforça vainement de le retenir. « Allez, dit-il enfin, dès ce moment vous êtes libre ; pour toute rançon, vous réciterez un rosaire pour moi». Le P. Ricardt mourut à l'âge de cinquante-et-un ans, dont il avait passé trente-quatre dans la Compagnie.
Summar. vitse defuncl. Provînc. flandr.-helg. [Archiv. Rom.). — P.vtri- GNANi, Menol., 31 agost., p. 249.
Le trente-et-unième jour d'août de l'an 1659, mourut saintement à Bruxelles, après cinquante-sept ans de vie religieuse, le Père Guillaume De Wael Van Vronesteyn, d'une noble famille d'Utrecht, et déjà membre de l'Ordre des chevaliers teutoniques, avant d'entrer dans la Compagnie. Il désirait ardemment mener la vie des plus pauvres et des plus humbles missionnaires de campagne ; mais l'obéissance le contraignit de passer plus de trente ans dans les premières charges ; il gouverna même deux fois la Province tout entière. Il se dédommagea de ne pouvoir suivre en liberté son attrait par le développement des œuvres de zèle pour le salut et la perfection des âmes ; rien de ce qui pouvait contribuer à la gloire de Dieu ne fut négligé. C'est ainsi qu'il établit en Flandre la communion générale de chaque mois; et dès la première fois, lisons-nous dans l'histoire de la maison professe d'Anvers, plus de
dix mille personnes se réunirent à la table sainte, et le chiffre pour les six premiers mois dépassa cent soixante-treize mille dans la seule église de la Compagnie.
Les progrès de la dévotion à saint Ignace et à saint François Xavier, la fête solennelle instituée en l'honneur de la très sainte Vierge sous le titre de Mère de miséricorde, et la Couronne des plaies sacrées de Jésus-Christ, qui mérita au P. De Wael les félicitations du pape Alexandre VII, furent encore des fruits du même zèle. Mais la plus utile peut-être de toutes ses créations fut l'œuvre des petites mendiantes que réunissaient, les jours de dimanches et de fêtes, quelques nobles et pieuses jeunes personnes, pour leur faire le catéchisme, soulager leur misère et leur enseigner à vivre chrétiennement dans leur pauvreté.
L'oraison était la principale source où ce saint religieux puisait l'idée de tant de salutaires industries pour le bien des âmes et les moyens d'en assurer le succès. Il ne recommandait rien tant à ses inférieurs que cet ardent amour de la prière ; car il était bien sûr, disait-il, de trouver en eux des enfants de dévouement et d'obéissance, tant qu'ils les verrait unis de cœur avec Dieu. Le P. De Wael mourut à l'àg-e de soixante-dix-huit ans.
SoTUELLus, Biblioth., p. 321. — Sommervogel, Biblioth., t. 8, p. 931. — Patrignani, Menol., 31 agost., p. 251. — Histor. dont, profess. Antuerp. (Notes du P. DE GuiLHERMY, Arc/i. dont.}.
Le trente-et-unième jour d'août de l'an 1708, le Père Adam LiPOwsKi, d'une illustre famille du palatinat de Sandomir, mourut en