II SEPTEMBRE
Le deuxième jour de septembre dé l'an 1S72, mourut à Douai au service des pestiférés le P. Roger Bolbett, anglais. Chassé d'Anvers par les hérétiques, il n'était à Douai que depuis peu de temps; mais déjà les habitants lui donnaient le nom de saint. Ne pouvant entendre les confessions, parce qu'il avait beaucoup de peine à s'exprimer en français, il sollicita du moins la grâce de porter aux malades les sacrements d'eucharistie et d'extrême-onction, et il eut le bonheur de donner sa vie dans ce glorieux ministère. Dès qu'il aperçut sur ses membres les taches qui lui annonçaient la mort, il fît éclater sa joie et les baisa tendrement, comme les signes de la bénédiction et de la prochaine visite de Notre-Seigneur, dont le nom sacré marqua le dernier mouvement de ses lèvres et de son cœur.
Sacchinus, Histor. Societ., part. 3", lib. 8, n. 229, p. 412. — Morus, Histor. Provinc. anglic, lib. 1, n. 20, p. 21. — Alegamde, Heroes et Victim.^ p. 55. — FoLEY, Records, t. 7, p. 70. — Olived, Collections, p. 56.
* Le deuxième jour de septembre de l'an 1701, mourut au Caire le P. Jacques Poislevachr, né à Liège. Il était âgé de quarante-et-
un ans et en avait passé vingt dans la Compagnie. Après avoir fait son cours de régence et gouverné la maison de Marche, dans la Province gallo-belge, il avait été envoyé dans les missions du Levant où il travailla cinq ans avec un zèle admirable. Voici comment un témoin oculaire, le P. Verzeau, raconte la sainte mort de cet homme de Dieu. Nous transcrivons son récit en l'abrégeant.
«.. Je ne pense pas qu'on puisse faire une plus belle mort. Après avoir vescu dans nos missions environ cinq ans dans la pratique de toutes les vertus religieuses et apostoliques, toujours infatigable dans le saint ministère de la parolle de Dieu, il tomba malade d'épuisement causé par un excez de travail. Cette maladie, qui ne dura que cinq jours et dem3'e, ne parraissoit devoir avoir aucune suitte, parce que le Père agissoit à son ordinaire ; ce qu'il continua jusqu'au dernier jour de sa vie... Le jour de sa mort, il fît le matin une confession générale, après laquelle il reçut le viatique les deux genoux en terre, la tête neiie et les pieds nuds... Après qu'il eut reçu l'extrême-onction..., il nous fit une exhortation le crucifix à la main.... Je puis assurer que je ne me souviens point avoir jamais ouy de si belles choses, ni parler de Dieu d'une manière plus pathétique et plus touchante... Je pense qu'un ange n'eut pu mieux parler. Je^[sais que ce discours a converty à Dieu quelques personnes, mais d'une conversion fort extraordinaire.
« Après que le serviteur de Dieu eut achevé son exhortation, qui dura plus d'une demie heure, il me pria de faire la recommandation de l'âme, m'assurant qu'il n'y avoil point de temps à perdre. Quoique je n'en'^ crusse rien, nous la fismes pourtant. Nous n'eusmes point sitôt commencé, qu'il lui prit un tremblement accompagné d'une sueur froide. Cela ne lui fit point perdre la connais-