‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 134 sur 356 · X SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

X SEPTEMBRE

Le dixième jour de septembre de l'an 1623, mourut à Liège le P. Perpétue Martini, de Dinant, victime de sa charité au service des pestiférés. Dès l'époque oii il avait été envoyé dans cette ville pour 3' enseigner la grammaire, il était regardé comme un saint ; et plus tard, lorsqu'il eut été élevé au sacerdoce, les malades n'avaient point de plus ardent désir que d'être assistés par lui à leurs derniers moments. Il souffrait cruellement des douleurs de la pierre ; il ne laissait pas de se livrer à de si rudes austérités, qu'on le considérait comme le bourreau de son propre corps. Il aurait craint, en l'épargnant, de ne plus le trouver assez souple pour se plier aux fatigues du ministère apostolique.

Malgré le danger des agglomérations nombreuses en temps de contagion, tout le peuple accourut aux obsèques du P. Martini ; le corps du saint, disait-il, serait son salut et non sa perte. En effet, à partir du jour où les différentes paroisses de la ville, après lui avoir toutes séparément rendu leurs devoirs, se réunirent encore une fois pour un service solennel, la peste cessa tout à coup ses ravages, selon la promesse formelle que l'homme de Dieu en avait donnée en mourant. Il était âgé de cinquante-cinq ans et en avait passé trente-et-un dans la Compagnie.

Sumniar. l'itœ defunct. Provinc. gall.-belg. (Archiv. Rom.}. — Alegambe, Heroes et vicdm., p. 241.

Le dixième jour de septembre de l'an 1679, mourut à Harlem le P. Guillaume Harcourt ou Aylworth, ne en 1625 dans le Monmouthshire en Angleterre, et entré dans la Compagnie à Watten en 4641, à l'àg-e de seize ans. Après son noviciat, il fit ses études de philosophie à Toulouse ; et bientôt entraîné par l'amour des âmes et le désir de beaucoup souffrir pour Notre-Seig-neur, il sollicita la grâce d'être envoyé dans les missions du Paraguay ou du Pérou. Mais les Espagnols refusant le passage aux étrangers sur leurs navires, il fut rappelé en Belgique et occupa durant onze ans les chaires de philosophie et de théologie au collège anglais de Liège. C'est alors seulement que la carrière apostolique lui fut ouverte. Après une première mission en Hollande, il franchit le détroit et alla se consacrer au salut de ses compatriotes.

Par son zèle, son courage, sa patience dans les travaux et les dangers, il ne tarda pas à se faire la réputation d'un véritable apôtre et eut la gloire d'attirer d'une manière spéciale sur son nom la haine des hérétiques. Aussi quand la persécution redoubla de violence dans tout le ro3^aume, à la suite des infâmes calomnies de Titus Oates, nul ne se vit recherché avec plus de fureur ; une grosse récompense fut promise à qui s'emparerait de sa personne. Le P. Harcourt n'eut plus un moment de repos ; presque chaque jour il lui fallait changer de retraite, de costume et de nom. Ce n'est que par une protection toute particulière de Dieu qu'il put échapper à tant de limiers, lancés à sa poursuite. Gui-

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