XI SEPTEMBRE. P. HERMANN HUGO
perdre la présence de Dieu, il avait demandé à Notre-Seigneur et obtenu la grâce de se réveiller plusieurs fois chaque nuit, aux heures où il le désirait, pour se renouveler dans cette douce et intime union.
Mais les vertus du P. Hugo brillèrent plus vivement encore sur les champs de bataille et au milieu des souffrances de la famine et de la peste qu'il eut à partager avec les soldats. Il s'était engagé par vœu à ne refuser aucun service, quelque répugnant et humble qu'il pût être, et plus d'une fois il renouvela dans les hôpitaux les merveilles de renoncement que nous lisons dans la vie de saint François Xavier. La croix faisait ses délices ; durant sept années au moins il ne prêcha pas une seule fois sans être armé d'un rude cilice, afin que sa parole respirât plus fidèlement l'esprit de Jésus crucifié. Près de recevoir le saint Viatique, le P. Hermann Hugo se fit déposer à terre et, s'adressant à Notre- Seigneur avec une grande confiance : « Vous savez, ô mon Dieu, lui dit-il, que je vous ai toujours aimé, servi et cherché véritablement de cœur ; donnez-moi la couronne que vous avez promise à vos amis ». Il avait passé vingt-quatre ans dans la Compagnie.
Necrolog. Provinc. flandr.-belgic. (Arc/i. Boni.). — Sotuellus, Bîblioih., p. 335. — SoMMEiivoGEL, BibUotli., t. 4, p. 512. — Gordara, Histor. Societ., part. 6^, lib. 14, p. 304. — Nadasi, Ann. dier. metnor., i\.^ sept., p. 158. — Drews, Fasti, lia sept., p. 355. — Patrignani, Menol., Il sett., p. 84. — Me'nol. holland., 12 sept.
* Le onzième jour de septembre de l'an 4637, mourut à Posen le P. Stanislas Domaniewski. Il était à Rome quand la vue d'un jeune homme brusquement emporté par la mort lui révéla la fragilité et le néant des biens de ce monde, et lui inspira la pensée et la résolution d'aller chercher une félicité plus solide et plus durable au noviciat de la Compagnie. Cette première impression, loin de s'effacer avec les années, ne fit que se graver toujours plus profondément dans son Ame. Peu de religieux en effet semblent avoir été plus détachés de toutes les satisfactions sensibles et plus étroitement unis à Dieu. Ses pénitences étaient continuelles et presque excessives. Il se flagellait trois fois chaque nuit avec tant de rigueur qu'il en tombait parfois d'épuisement au pied de son crucifix ; il portait jusqu'à midi une lourde cuirasse de fer et, en mémoire de la passion du Sauveur, s'enveloppait la ceinture, les jambes et les bras de chaînes armées de pointes aiguës. Dieu seul occupait ses pensées ; il prolongeait avec lui ses entretiens pendant les heures silencieuses de la nuit ; le jour, il allait encore le visiter fréquemment ; mais pendant l'octave du Saint Sacrement, telle était son assiduité qu'il semblait avoir fixé sa demeure près de l'autel.
A cet amour de Dieu répondait la plus tendre charité pour ses frères. Tour à tour chargé du gouvernement des collèges de Sandomir, de Kalisch et de Posen, le P. Domaniewski était connu partout sous le glorieux nom de Recteur de la c/iarifé, tellement il savait consoler les siens dans leurs peines, les soulager dans leurs fatigues, pourvoir à tous leurs besoins, et surtout les animer à vivre en vrais enfants de la Compagnie. Le P. Domaniewski demeura constamment fidèle à sa vertu de prédilection, et lui fit