XIV SEPTEMBRE. P. FRANÇOIS JANSENS
pénibles ; c'était l'opinion commune qu'il devait aux mérites du F. Jerly d'en être heureusement sorti. Ce bon et fidèle serviteur de Dieu mourut à l'âge de quatre-vingts ans, dont il avait passé quarante-six dans la Compagnie.
Levens van Broeders Coaclj.^ 14 sept., p. 496.
* Le quatorzième jour de septembre de l'an 1716, mourut à Manille, après neuf années seulement d'apostolat, le Père François Jansens, de Ruremonde, entré à quinze ans dans la Province flandrobelge. Il se signala de bonne heure par sa ferveur et son amour de l'étude. 11 acquit en histoire des connaissances si étendues, que les supérieurs le désignaient d'avance pour succéder un jour au P. Daniel Papebrock dans la grande œuvre des Actes des saints. Mais pendant qu'il faisait sa théologie au Collège Romain, François Jansens sollicita et obtint la faveur d'aller se consacrer au salut des âmes dans les missions lointaines. Il arriva aux Philippines en 1707, après avoir été longtemps retenu en Andalousie par les guerres dites de la succession d'Espagne. Avec une ardeur redoublée par l'attente, il se mit à l'étude des langues et fut bientôt en état d'être envoyé aux Indiens de Saint-Mathieu, Saint-Isidore, Paynaan et Antipolo. Il se dépensa tout entier au salut de ces populations. Il faisait toutes ses courses à pied, sans se laisser arrêter par l'escarpement des montagnes, les ardeurs du soleil et l'inclémence des saisons, pour aller instruire ses enfants dans la foi, les consoler, les aider dans leur pauvreté et quelquefois les défendre contre
les rigueurs de maîtres inhumains. Ceux-ci à leur tour l'aimaient comme un père ; et on vit les habitants de Paynaan, affligés et inquiets de l'état de faiblesse où sa grande abstinence avait réduit leur père, supplier le Provincial de modérer ses austérités. C'est par le sacrifice en effet que le P. Jansens attirait les bénédictions du ciel sur ses travaux. A la privation de nourriture, il joignait l'usage du cilice et des flagellations, ne prenait qu'un court sommeil et, quelle que fût sa fatigue, faisait à genoux tous ses exercices de piété.
A Manille, où il remplit divers emplois, il ne s'épargnait pas davantage. Son zèle, ses talents presque universels, sa connaissance des langues de l'Europe et de l'idiome du pays le désignaient à toutes les corvées ; les supérieurs le trouvaient toujours prêt. Souvent il passait les matinées entières au confessionnal ; et à deux heures après midi, quand la chaleur est plus accablante, il revenait se mettre à la disposition de ses pénitents, « assiduité, dit l'historien de la mission des Philippines, bien digne d'admiration pour ceux qui savent ce que ce ministère offre de pénible à Manille, où il faut traiter avec tant de personnes différentes par la langue, les mœurs, la nationalité, les emplois ». Le P. Jansens fut emporté prématurément par une maladie contractée au cours de ses missions. 11 était âgé de quarante-cinq ans et en avait passé trente dans la Compagnie.
MuRu^Lo Velarde, Historia de la Proi'iiicia de Filipinas, lib. 4, c. 28, /•» 406, n. 929.