‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 143 sur 356 · XIV SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XIV SEPTEMBRE

* Le quatorzième jour de septembre de l'an 1628, mourut à Ypres le P. Guillaume Van Eynde, né à Bruxelles. Il avait étudié le droit et était sur le point de prendre ses grades, lorsque sa pieuse mère, effrayée des dangers qui allaient menacer son àme s'il suivait cette carrière, courut se prosterner au pied du Saint Sacrement et, avec une foi admirable, conjura Notre-Seigneur d'inspirer d'autres pensées à son fils. Or dans le même temps et presque à la même heure, Guillaume Van E3^nde, qui était à Anvers, laissait ses premiers projets et sollicitait la faveur d'être admis dans la Compagnie. Il y vécut onze ans avec une grande réputation de vertu et, à l'âge de trente-cinq ans, expira saintement après avoir prononcé deux fois avec un vif sentiment de confiance ces paroles: 0 démens, o pia, adressées à la très miséricordieuse Mère de Dieu.

Nadasi, Annus dieruin..., 14* sept., p. 165.

N. B. — Le P. Nadasi appelle ce Père Vanden Leyden ; nous avons suîvi l'orthographe du Liber aclmissorum, et du Catal. defunctor. in Provinc. flandr.-belg., qui le nomment Van Eynde.

* Le quatorzième jour de septembre de l'an 1630, mourut au collège de Courtrai le F. Josse Jerly, Coadjuteur temporel, né à Fumai dans les environs de Liège. Sa vertu caractéristique semble avoir été le zèle. Les triomphes de la sainte Eglise le comblaient de joie, ses malheurs le remplissaient de tristesse. Une de ses plus grandes consolations était d'accompagner les Pères dans leurs missions, afin de partager leurs fatigues et leurs mérites. 11 multipliait sans fin ses prières et ses flagellations pour attirer sur leurs travaux les bénédictions de Dieu. Il avait un extrême souci du bon renom de la Compagnie, mais c'était afin que ses ouvriers fussent des instruments plus aptes de la gloire de Dieu et du salut des âmes. Les défauts qu'il combattait en lui-même avec plus d'énergie et dont il demandait à genoux d'être corrigé par ses supérieurs, étaient surtout ceux qui pouvaient causer du scandale autour de lui.

A cette sollicitude pour la sanctification du prochain, le F. Jerly unissait un zèle ardent pour sa propre perfection. Son union à Dieu était très intime. Il l'entretenait par l'habitude du recueillement et une extrême délicatesse de conscience. Dès qu'il croyait avoir commis quelque faute, il allait s'en purifier aux pieds de son confesseur. Pendant ses oraisons et les litanies des saints, il ne semblait plus de la terre, dit l'auteur de sa notice. Les jours de communion, il se levait avant la communauté et prenait une rude discipline, afin de se préparer à mieux recevoir son Sauveur. On ne pouvait lui causer de plus sensible plaisir que de lui demander à servir trois ou quatre messes. Le collège de Courtrai, où il se trouvait, avait eu à traverser des crises

Page 1