XXII SEPTEMBRE
* Le vingt-deuxième jour de septembre nous rappelle le souvenir des deux Frères Goadjuteurs Jean de Brienne et Arnold Geerts, morts très saintement, le premier à Arras en 1627, le second à Bruxelles en 1629.
Le F. Jean de Brienne était né à Tournai. Pour obtenir son admission dans la Compagnie, il s'était adressé, avec une humble confiance, aux trois adorables personnes de la Très Sainte Trinité elle-même, promettant, s'il était exaucé, d'aller à genoux en pèlerinage au mont de la Très Sainte Trinité, promesse qu'il accomplit ensuite à la lettre en action de grâces. La peste s'étant déclarée à Arras, le F. De Brienne se dévoua généreusement au service des malades ; et, selon l'expression de son biographe, mourut en héros. Il était âgé de trente-quatre ans et en avait passé dix dans la Compagnie.
Le F. Arnold Geerts appartenait à une famille hérétique de Groningue et fut reçu au noviciat à l'âge de dix-neuf ans. Les souvenirs de sa première enfance passée dans l'erreur lui rendaient extrêmement chère sa vocation. Cet attachement ne fit que se fortifier avec les années. Mais pour bien aimer la Compagnie, disaitil souvent, il faut en prendre l'esprit et se gouverner d'après ses règles. Il avait une tendre dévotion à la très sainte Vierge. II jeûnait en son honneur tous les samedis ; à force de dérouler entre ses doigts les grains de son chapelet, il les avait presque
usés. Le F. Geerts succomba à une maladie de langueur, pendant laquelle il ne cessa de donner l'exemple de la soumission à la volonté de Dieu et d'une sainte joie dans les souffrances. 11 avait été successivement compagnon de trois Pères Provinciaux et n'était âgé que de trente-six ans.
Levens van Broeders Coadjut., 22 sept., p. 518, 519. — Alegambe, Heroes et Victimœ charitatis, p. 267.
Le vingt-deuxième jour de septembre de l'an 1660, mourut dans la maison professe de Varsovie le F. Jean Bialowieski. Il avait rempli à la cour de Pologne une charge assez considérable. Sous la livrée des Frères Goadjuteurs de la Compagnie qu'il choisit par humilité, il n'eut plus d'autre ambition que d'être un fidèle courtisan de son nouveau maître Jésus-Christ. Sa joie d'habiter parmi les serviteurs de Dieu était si vive, que souvent, lorsqu'il se croyait seul dans sa porterie, il se jetait à genoux et baisait la terre avec amour. Il jouissait d'une rare familiarité avec Notrc- Seigneur et pendant la nuit passait de longues heures au pied du Saint Sacrement. Après avoir rappelé quelques-uns des dons singuliers de la grâce dont il était orné : « Je dirai tout en un mot, conclut l'auteur de son éloge. Nous avons eu dans le F. Jean Bialowieski un autre Alphonse Rodriguez, digne d'être proposé à l'imitation de ses frères comme le modèle de l'observance religieuse et de toutes les vertus. Il mourut emporté par une maladie contagieuse, à l'âge de cinquante-sept ans, dont il avait passé un peu plus de seize dans la Compagnie.
Summar. vitsa defunct. Provinc. Lithuan. (Arch. Rom.}.