XXIII SEPTEMBRE
* Le vingt-troisième jour de septembre de l'an 1625, le P. Jean Callanï mourut à Anvers au service des pestiférés. Il était né à Gand. Dès sa première enfance, il fut prévenu des bénédictions du ciel. Ainsi qu'on le raconte du bienheureux P. Le Fèvre, il aimait à prêcher aux petits enfants de son âge ; il leur apprenait à servir Dieu, et souvent se retirait à l'écart pour prier Notre- Seigneur et les saints. Il se sentit de bonne heure incliné vers la Compagnie ; mais ses désirs furent longtemps contrariés, et c'est à vingt-et-un ans seulement qu'il put franchir la porte du noviciat.
L'obéissance, l'humilité, la charité, le zèle des Ames furent ses vertus de prédilection. Rien ne lui était plus habituel que de se dévouer pour ses frères aux dépens de son bien-être et de son repos et, quand il eut été ordonné prêtre, d'aller dans les prisons consoler, instruire, ramener à Dieu les pauvres captifs. Un tel accent de compatissante tendresse animait ses paroles, que ces malheureux ne pouvaient résister à leur douce et pénétrante influence ; ils se laissaient toucher et souvent fondaient en larmes. Aussi quand éclata la terrible peste qui dans notre seul collège d'Anvers emporta neuf Pères ou Frères tombés héroïquement au chevet des
malades, le P. Jean Callant fut des premiers à s'offrir et, suivant l'expression du P. Alegambe, se jeta avec un magnifique élan de charité au milieu de la contagion. Il fut bientôt frappé à son tour et expira joyeusement à l'âge de trente-et-un ans, dont il avait passé neuf dans la Compagnie. Une des plus illustres filles de sainte Thérèse, et sa compagne inséparable, la Vénérable Anne de Saint-Barthélémy, eut révélation le même jour que l'Ame du serviteur de Dieu s'était envolée directement au ciel.
Alegambe, Heroes et Vîctimse..., p. 260. — Cordaua, Histur. Societ., part. 6 *, lib. 10, p. 582. — Vie de la Yen. Anne de S .-Barthélémy , traduite par le P. Bouix, liv. 4, ch. 5, p. 287.