‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 172 sur 356 · III OCTOBRE · texte numérisé non relu

III OCTOBRE

Le troisième jour d'octobre de l'an 1662, mourut au noviciat de Cracovie le Frère Goadjuteur Laurent Ghodorowicz , compagnon du Maître des novices pendant la plus grande partie des trentesept ans qu'il vécut dans la Compagnie. Comme tous les saints, il était embrasé d'un ardent amour pour l'oraison. Non content de prier les journées entières pendant son travail, dont il s'acquittait avec toute la perfection possible, il se levait régulièrement à minuit, et demeurait en prière jusqu'au réveil de la communauté. Une chaudière d'eau bouillante lui étant tombée sur les jambes, il n'en persévéra pas moins à travailler pendant trois jours sans rien dire, et l'excès de la douleur put seul le contraindre à découvrir enfin son mal et à recevoir le secours du chirurgien.

Obligé de reprendre un Frère Coadjuteur novice qui ne s'acquittait pas assez religieusement de son emploi, le F. Laurent n'hésita pas à lui demander ensuite pardon à genoux, craignant de n'avoir pas mis assez de douceur dans sa réprimande ; mais Notre-Seigneur, pour montrer combien il approuvait sa conduite à l'égard de ceux qui lui étaient confiés, permit que plusieurs d'entre eux, morts de la peste, vinssent implorer le secours de ses prières.

Ce fut, dit le P. Nadasi, un spectacle particulièrement doux aux regards de Dieu et des hommes, de contempler ce saint Frère toujours priant jusqu'à son dernier soupir. Quelqu'un lui ayant demandé s'il aimait Notre-Seigneur, il répondit en latin avec une grande animation : Valde anio, l'aide, ualde, valde. Le F. Chodorowicz mourut à l'âge de soixante-sept ans.

Nadasi, Ann. dier. memor., 3» octob., p. 203. — Patrignani, Mcnolog., 3 ottoh., p. 20. — Drews, Fasti, 3» oct., p. 386. — Levens van Broeders Coadjnt., 3 oct., p. 542.

* Le troisième jour d'octobre de l'an 1591, mourut à Cracovie le P. Stanislas Warszewicki, d'une illustre famille de Pologne. En- V03^é en Allemagne pour y compléter ses études, il avait eu le malheur de suivre les leçons de Philippe Mélanchton et s'était laissé séduire par la brillante parole du novateur. De retour en Pologne, sa noblesse, ses connaissances, ses grandes qualités lui donnèrent entrée à la cour. Il fut nommé grand chancelier du royaume et pourvu de plusieurs bénéfices ecclésiastiques, bien qu'il ne pensât nullement à entrer dans la cléricature. Cependant Notre-Seigneur, qui le voulait à lui, éclairait peu à peu sou âme. Stanislas Warszewicki conçut des doutes sur les enseignements qu'il avait reçus en Allemagne ; il les examina de plus près, et voyant combien ils étaient en désaccord avec ceux des saints Pères et avec la tradition, il se sépara des hérétiques et revint à la foi de l'Eglise romaine.

Page 1