‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 174 sur 356 · IV OCTOBRE · texte numérisé non relu

IV OCTOBRE

* Le quatrième jour d'octobre de l'an 1617, mourut à Malines le F. Pierre le Francq, Coadjuteur temporel. Les supérieurs de la maison professe d'Anvers à laquelle il appartenait l'avaient envoyé se distraire quelque temps dans cette ville, et c'est là qu'il plut à Notre-Seigneur de le rappeler, pour lui donner la récompense promise au bon et fidèle serviteur. Le F. Le Francq récitait pieusement son rosaire, lorsqu'il fut frappé d'une attaque d'apoplexie. Il expira une demi-heure après. Or on le trouva revêtu d'un rude cilice et d'une ceinture de fer qu'il n'avait pas voulu quitter même durant ces jours de repos. Cette vaillante fin répondait à toute sa vie. Le F. Le Francq avait passé trente-huit ans à Anvers dans les différents emplois des Frères Coadjuteurs, modèle de travail, d'humilité, d'obéissance, de respect pour les supérieurs. 11 était si adonné à la prière, qu'il semblait y renouveler, dit Fauteur de sa notice, les forces elles-mêmes de son corps, non moins que celles de son âme. Il mourut à l'âge de quatre-vingt-deux ans, dont il avait passé cinquante-huit dans la Compagnie.

Histor. (ms.) domus professée S. J. Antuerp. ad ann. 1617 (Archiv. Rom.). — Nadasi, Ann. dier., 4» oct.., p. 205. — Levens van Broeders Coadj'., 4 cet., p. 548.

* Le quatrième jour d'octobre rappelle le souvenir des deux Frères Coadjuteurs Jean De Beux et Nicolas Van Roc, morts l'un et l'autre en grande réputation de vertu, le premier à Bruges en 1654, le second à Louvain en 1656.

Le F. Jean De Beux avait d'abord suivi la carrière des armes et, par son courage et son mérite, s'était élevé au rang de capitaine dans la garde de l'archiduc Léopold. Une retraite qu'il fit au collège de Bruxelles lui inspira le désir de s'enrôler sous le drapeau de saint Ignace et, pour offrir à Dieu un sacrifice qu'il estimait plus complet, il sollicita la grâce de partager le degré et les occupations des Frères Coadjuteurs de la Compagnie. Jean de Beux avait cinquante ans et vécut vingt-sept ans parmi nous. Il se donna sans réserve. Il fit état d'être mort au monde et à tous les souvenirs du monde. Durant ces longues années, c'est à peine s'il sortit une ou deux fois de la maison, sur l'ordre des supérieurs. Une balle qu'il avait reçue autrefois dans un combat et qu'on n'avait pu extraire, lui causait de vives et fréquentes douleurs ; il les supportait jo3'eusement. Après avoir bravé la mort, disait-il, pour les princes de la terre, comment n'aurait-il pas été lîeureux de souffrir quelque chose pour l'amour de Jésus-Christ ? Quand l'âge ne lui permit plus de travailler, il se livra tout entier à la prière. Il avait une dévotion très tendre à la sainte Vierge, et en son honneur jeûnait rigoureusement les mercredis et samedis de chaque semaine. Il mourut plein d'espérance à l'âge de soixante-dix-sept ans.

Le F. Nicolas Van Roo était charpentier et maçon ; il était si habile dans son art, que plusieurs essayèrent de le ramener dans

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