XI OCTOBRE
* Dans le courant de l'année 1613, on ignore quel mois et quel jour, mourut à Saint-Omer le F. Henri del Som, Coadjuteur temporel, né en Belgique, mais appliqué à la Province d'Angleterre. II remplissait l'humble et laborieux office de boulanger, avec un admirable esprit de foi, comme s'il avait dû nourrir Notre-Seigneur lui-même. Le P. More raconte qu'à son entrée dans la Compagnie, le F. del Som avait l'esprit si paresseux ou si borné qu'il était incapable de trouver par lui-même aucune pensée dans ses exercices spirituels. Dans cette impuissance absolue, inquiet pour sa vocation, il alla se prosterner un jour devant un autel de la très Sainte Vierge et conjura avec de si vives instances et une telle ferveur cette divine Mère de lui venir en aide, qu'il se releva de sa prière entièrement changé et comme transfiguré. A partir de ce moment, le F. del Som eut des choses de Dieu une intelligence si nette et si profonde que ceux qui l'avaient connu en étaient dans l'admiration ; les maîtres eux-mêmes allaient le consulter, et souvent les discours de l'humble Frère leur découvraient ce que les livres n'avaient pu leur apprendre. Il passa sept ans dans la Compagnie.
MoRus, Histor. Provinc. Anglic, lib 10, n. 10, p. 460. — Foley, Records, t. 7, p. 11%
* Le onzième jour d'octobre de l'an 1680, mourut à Cambrai le saint Frère Coadjuteur Pierre Tahon, merveille de patience, de conformité à la volonté de Dieu et d'oraison. Plusieurs infirmités très douloureuses faisaient de sa vie un perpétuel martyre ; on ne pouvait le voir sans compassion. Pour lui, quand on le plaignait, il se contentait de répondre : « C'est la volonté de Dieu » ; et il ajoutait qu'il ne voudrait pas seulement réciter un Ai'e Maria pour être délivré de ses tourments. Bien plus, comme si ces souffrances n'eussent pas encore contenté ses désirs d'imiter Jésus crucifié, il y ajoutait de très rigoureuses mortifications.
C'est dans la prière et l'union de cœur avec Dieu que le F. Tahon puisait cette force surnaturelle. Aussi jouissait-il de la réputation d'un saint parmi les Nôtres et les étrangers ; les archevêques de Cambrai eux-mêmes avaient à cœur de se faire recommander à ses prières. « Nombreuses, ajoute l'auteur de son éloge, nombreuses sont les personnes qui attestent avoir reçu par son intercession des grâces très spéciales ». Le F. Tahon mourut à l'âge de soixante-six ans, dont il avait passé quarante-deux dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunct. Provinc. gall.-belg. (Arch. Rom.).