XII OCTOBRE
* Le douzième jour d'octobre de l'an 1623, mourut au collège de Cassel le Frère Scolastique Théodore Van der Meer. L'auteur de sa notice a grand soin de faire remarquer qu'il entra au noviciat de Malines « la même année, le même jour et à la même heure que Jean Berchmans » ; et, ajoute-t-il, il était digne de cet honneur. Son enfance, comme celle de son bienheureux condisciple, avait été sanctifiée par la dévotion à la très sainte Vierge et une angélique modestie. Lorsqu'il commença ses études, sa mémoire était si paresseuse qu'il ne pouvait rien apprendre. Alors, avec une filiale confiance, le pauvre écolier alla se jeter aux pieds de la Mère de Dieu et il en obtint une facilité si merveilleuse à tout retenir, qu'il devint le rival des plus heureusement doués.
Au noviciat, le F. Van der Meer continua de se montrer la vive image et l'émule de Jean Berchmans : même piété, même obéissance, même fidélité à la règle, même amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère. Il endura les cruelles souffrances de sa dernière maladie non seulement avec résignation, mais avec une véritable allégresse. Plus les accès étaient douloureux, plus il faisait éclater sa joie: « C'étaient là, disait-il, ses plus délicieux festins ».
Il expira doucement à l'Age de vingt-quatre ans, dont il avait passé sept dans la Compagnie.
Historia colleg. Casletensis (Archiv. Rom.j.
Le douzième jour d'octobre de l'an 1631, mourut à Valenciennes, où il avait passé les soixante années de sa vie religieuse, le F. Jean Le Febvre, Coadjuteur temporel. Il était né à Cambrai. Quand la Compagnie vint s'établir dans cette dernière ville, il s'empressa de solliciter son admission. Mais il paraissait si chétif et était d'ailleurs si contrefait que, malgré son angélique piété, les supérieurs ne purent se décider à l'admettre. Jean Le Febvre ne se découragea point; cinq années entières, il continua ses instances; et enfin le Provincial, le P. Baudouin De Lange, se laissa toucber et I'envo3'a au collège de Valenciennes.
Pendant qu'il frappait avec tant de persévérance à la porte de la Compagnie, Jean Le Febvre avait déclaré plus d'une fois que si on voulait bien la lui ouvrir, on n'aurait pas à le regretter. Cette promesse fut largement tenue. Dans les différents emplois qui lui furent confiés, il se montra d'une diligence incomparable. Portier d'abord pendant quinze ans et ensuite réfectorier, il avait pris pour règle d'apporter dans son office au moins autant d'exactitude, d'empressement, et de bonne grâce, qu'en mettent dans l'accomplissement du leur les serviteurs à gages les plus jaloux de se concilier les faveurs de leurs maîtres.
Mais après un certain nombre d'années, il n'eut plus assez de