XII OCTOBRE. F. FRÉDÉRIC ZIBERG
son sacrifice fût plus complet, il demanda de partager le genre de vie des Frères Coadjuteurs. L'obéissance, le renoncement à lui-même et à ses aises, furent ses vertus de prédilection. Au souvenir de la dépendance absolue qu'il avait autrefois exigée de ses hommes et des privations de toute nature auxquelles il avait été soumis dans ses campagnes, il se sentait animé d'une incroyable ardeur à se vaincre lui-même et à s'abandonner en toute chose à la volonté des supérieurs.
Les Suédois s'étant emparés d'Illukszta, où il avait été envoyé, le F. Ziberg fut pris par une bande de ces hérétiques, jeté en prison et livré pendant plusieurs jours, en haine de sa double profession de catholique et de jésuite, à des traitements également barbares et insultants. L'ancien officier et le gentilhomme ne voulut se souvenir que des ignominies de son divin Maître, bafoué par la soldatesque du prétoire et, refoulant toutes les révoltes de la nature, supporta sans faire entendre une plainte les coups et les risées sacrilèges de ses persécuteurs. Il alla peu de temps après recevoir au ciel la récompense de son inaltérable patience et de son humilité. Il était âgé de soixante-six ans et en avait passé dixhuit dans la Compagnie.
Patrignani, MenoL, 12 ottob., p. 97.