XII OCTOBRE. F. JEAN LE FEBYRE
forces pour supporter les fatig-ues de ces emplois. Il devint alors l'aide et le suppléant de tout le monde ; lorsqu'il n'avait plus à travailler, il priait. A la prière il joignait la mortification. Cet homme d'une constitution si débile tourmentait sa chair à l'égal des plus robustes, par les jeûnes, les privations de sommeil, les cilices, les flagellations, les ceintures de fer ; et pour que rien ne manquât à ses désirs de la croix, il plut à Dieu de le visiter par une maladie également douloureuse et humiliante. Des pieds à la tête, il fut couvert d'une sorte de lèpre purulente que les médecins déclarèrent contagieuse, et qui força les supérieurs à le séparer de tout rapport avec la communauté.
Dans cet isolement complet, le F. Le Febvre ne sut que bénir la main qui le frappait ainsi, et n'eut d'autre pensée que de se rendre encore utile en attirant par ses souffrances et ses prières les bénédictions du ciel sur les travaux de ses frères. Cette héroïque patience excitait l'admiration ; et beaucoup lui faisaient parvenir leurs recommandations dans sa retraite. Le Père Provincial luimême, Bernard Olivier, eut recours à son crédit auprès de Dieu dans une affaire importante et qui paraissait sans issue : presque aussitôt les obstacles furent levés, et tout se termina de la manière la plus heureuse. Guéri de sa lèpre, le F. Le Febvre ne fît cependant plus que languir. La mort et Téternité devinrent dès lors l'unique sujet de ses méditations ; lorsqu'on lui annonça que le moment suprême n'était plus éloigné : Lœtatus sum, répondit-il joyeusement, in his quse dicta sunt niihi. Et il s'endormit très doucement dans le Seigneur, en pleine possession de lui-même, les noms de Jésus et de Marie sur les lèvres, à l'âge de quatre-vingtsix ans.
Summar. vitx defunct. Provinc. gall.-belg. (Archiv. Rom.}. — Elogia varia defunct. {Archiv. Rom.}. — Nad\si, Ann. dier..., i2^ cet,, p. 220. — Patrignani, Menol., 12 ottob., p. 92. — Levens van Rroeders coadj., 12 oct., p. 571.
* Le douzième jour d'octobre de l'an 1665, mourut le P. Guillaume Christie, écossais, Recteur du collège de sa nation à Douai. L'amour des âmes fut sa vertu de prédilection. Partout où l'envoya la sainte obéissance, à Prague, à Rome, à Paris, à Douai, il déploya le même zèle. Sans parler des fruits abondants qu'il recueillit parmi les catholiques, il ne convertit pas moins de douze cents hérétiques. Il récitait tous les jours son chapelet pour la propagation de la vraie foi. Il accueillit la mort avec une douce confiance et, suivant l'expression de son biographe, comme un insigne présent des mains de Dieu. Il était âgé de quatre-vingt-etun ans et en avait passé quarante-neuf dans la Compagnie.
Summar. vitve defunct. Provinc. gall.-belgic. (Archiv. Rom.). — Foley, Records, t. 7, p. 130.
* Le douzième jour d'octobre de l'an 1708, mourut à Illukszta, résidence de la Province de Lithuanie, le Frère Goadjuteur Frédéric ZiBERG, d'une noble famille livonienne. Il avait embrassé la profession des armes. Devenu officier de cavalerie, il pouvait se promettre une fortune militaire brillante, lorsqu'il s'engagea sous le drapeau de la croix dans la Compagnie de Jésus ; et pour que