XII JUILLET. P. GEORGES GIEDROYC
Le douzième jour de juillet de l'an 16b3, le P. Georges Gie- DROYC, du sang des anciens ducs de Lithuanie, mourut en grande réputation de sainteté au collège de Vilna, victime de sa charité au service des pestiférés. Il menait la vie d'un ange ; le P. Lancicius ne croyait pas que l'on eût pu trouver dans toutes ses confessions une seule faute vénielle commise avec un plein consentement, depuis le jour de son entrée au noviciat. Plus un emploi ou une démarche étaient pénibles à la nature, plus il s'y portait avec joie. Sa pensée la plus ordinaire et la plus douce était celle des douleurs du Sauveur pendant sa Passion. Pour mieux faire participer les autres âmes aux fruits de sainteté qu'il y avait lui-même goûtés, il traduisit en polonais un pieux opuscule italien d'un de nos Pères sur les cinq plaies de Jésus en croix.
Le P. Giedro3'c s'attachait surtout à conserver le parfum de cette dévotion par la mortification et par le silence, jeûnant avec une grande rigueur, se flagellant pendant près d'une demi-heure chaque jour, et ne parlant jamais que pour le service de Dieu. Son zèle et sa charité faisaient une si vive impression, même sur les ennemis de la foi, qu'un médecin protestant, le sachant au lit de la mort, s'écria aussitôt qu'il n'épargnerait ni soins ni dépenses pour sauver un pareil ami des âmes. Dans ses missions, il arrivait fréquemment au P. Giedroyc de rester au confessionnal depuis le point du jour jusqu'au soir, sans prendre aucune nourriture et sans un moment de repos. Il n'hésita pas à braver un jour le poignard d'un furieux pour assister une pauvre femme que ce misérable venait de frapper mortellement. Nulle répugnance de la nature ne l'éloignait du lit des malades ; il exhortait les jeunes re-
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ligieux de la Compagnie à se vaincre généreusement, s'ils voulaient devenir un jour des apôtres et des saints.
Un trait fera juger de la délicatesse de son amour pour la pureté. Dans un de ses voyages, au plus fort de l'hiver, à la recherche des âmes, plutôt que de s'arrêter avec son compagnon dans une maison où une dame se présentait pour passer la nuit, il aima mieux prendre son repos dans une étable ouverte aux injures de l'air, et sur la paille des animaux. Le P. Giedroyc, rentrant à Vilna d'une de ses courses apostoliques, trouva la ville en proie aux ravages de la peste. Aussitôt malgré les vives réclamations de la noblesse et du clergé, qui ne pouvaient souffrir de voir exposée à la mort une vie si précieuse, il obtint, à force de larmes et de prières, de se dévouer au salut des agonisants. Dieu lui fit la grâce de résister six mois entiers à la violence du fléau, pour le salut d'un grand nombre de malheureux, surtout parmi les plus abandonnés et les plus pauvres. Ce fut en assistant un de ces derniers, qu'il aspira les germes de la contagion. Il succomba peu de temps après, à Tàge de quarante-cinq ans ; il en avait passé vingt dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunct. Provinc. Lithuan. (Arch. Rom.}. — Alegambe, Heroes et Victim. c/iarit., p. 485. — Tanner, Societ. Jes. apostol. imitatr., p. 792. — Patrignani, Menol., 12 lugl., p. 91. — Nadasi, Ann. dier. memor., 12^ Jul., p. 22. — Drews, Fasti..., 12» jul., p. 266. — RosTOwsKi, Lituanie. S. J. Histor., lib. 10, p. 371. — Poszakowski, Societ. Jesu lithuan., p. 243.