‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 21 sur 356 · XII JUILLET. F. BASILE OBUCHOWSKI · texte numérisé non relu

XII JUILLET. F. BASILE OBUCHOWSKI

* Le douzième jour de juillet de l'an 1757, mourut à Vilna l'angélique F. Basile Obuchowski, novice scolastique. Pendant sa première probation, il avait été assailli par une violente tentation de retourner au monde ; mais jetant les yeux comme par hasard sur l'image de son saint du mois, il y lut ces paroles de saint Augustin : « Inchoantibus prcemiinn proniittitur^ sed perseverantibus datur ; aux commençants est promise la récompense, mais c'est aux persévérants qu'elle se donne ». 11 n'en fallut pas davantage pour éclairer son esprit et dissiper la tentation. Les plus abondantes et les plus douces consolations furent le fruit de sa victoire. Pendant ses oraisons, à la sainte messe, surtout à la sainte communion, il il avait peine à retenir ses larmes ; et souvent on l'entendait pousser comme malgré lui cette exclamation : « O quain suavis es, Domine/ oh! qu'elle est grande votre douceur, ô mon Dieu » ! 11 avait pour la sainte Vierge un amour tout filial et pratiquait chaque jour en son honneur quelque acte de vertu.

Mais la dévotion par excellence du F. Obuchowski était celle de la très sainte Eucharistie. Notre-Seigneur au tabernacle avait véritablement ravi son cœur. Dans les exercices de déclamation et de prédication en usage au noviciat, c'est du Saint Sacrement qu'il aimait à entretenir son auditoire ; déjà aux prises avec la maladie qui devait l'emporter, il demanda et obtint de parler trois fois de cet adorable mystère, afin, disait-il, de ne pas mourir sans avoir reçu le saint viatique ; et pourtant il faillit être privé de cette grâce suprême. Des vomissements continuels ne permettaient pas de lui donner la sainte hostie. Un Scolastique malade était dans la même chambre ; quand on apporta la communion à ce jeune homme, le

F. Obuchowski, jetant sur son Sauveur des regards pleins d'amour, ne put s'empêcher de se plaindre doucement de la privation à laquelle il était condamné.

Cependant bien qu'il eût reçu l'extrême-onction et fût à bout de forces, il ne mourait point. Lui-même en était étonné. Le Père qui l'assistait lui dit : « Notre-Seigneur attend pour vous faire entrer au ciel que vous l'ayez fait entrer vous-même dans votre cœur ». A ces mots, un éclair de joie illumina son visage : « Oh ! si c'était vrai, dit-il ; qui me donnera cette grâce » ? Les supérieurs jugèrent qu'on pouvait accéder à de si ardents désirs. Le moribond se fit revêtir de l'habit de la Compagnie et descendre de son lit pour recevoir à genoux son Seigneur. Lorsque le prêtre parut tenant en main le Saint Sacrement, on ne saurait imaginer, dit l'auteur de son éloge, avec quels transports le F. Obuchowski l'adora, le reçut dans son cœur et lui rendit ses actions de grâces ; puis après un long colloque : Nunc dimittis servum tuuni. Domine, ditil ; et bientôt en effet, il s'endormit doucement dans le baiser du Seigneur ; il n'était âgé que de vingt-et-un ans et n'en avait pas encore passé deux dans la Compagnie.

Summar. i'itie defunct. Provinc. Lithuan. (Archw. Rom.}.

* Le douzième jour de juillet de l'an d765, mourut à Dunabourg le P. Antoine Kimont, né en Samogitie. Enflammé du zèle des âmes, il entra dès l'âge de vingt-neuf ans dans la carrière apostolique et s'y dépensa avec une ardeur qui ne se ralentit jamais. Il allait de village en village, de maison en maison, prêchant, catéchisant,

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