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XIX OCTOBRE. — P. LAURENT WORTHINGTON. 34K

ques-uns de ses compagnons, prêtres et laïques, dans une cellule plus vaste, dont une partie fut transformée en oratoire et où tous vaquaient en commun à leurs exercices de piété. Bien plus, les personnes du dehors eurent facilité de pénétrer jusqu'à eux, et le P. Worthington put écrire au P. Thomas Ovs^en, Recteur du collège anglais à Rome que, dans une seule semaine, il entendait plus de confessions qu'autrefois pendant six ou sept, lorsqu'il était libre. II convertit même un assez grand nombre d'hérétiques.*

Remis en liberté avec dix autres prêtres de la Compagnie, à la sollicitation du comte Gondomar, ambassadeur d'Espagne, le Père Worthington passa sur le continent ; il occupa avec une grande réputation les chaires de théologie et d'Ecriture sainte à Louvain, au collège anglais de Liège et à Gratz en Autriche. Le duc de Bragance, plus tard roi de Portugal sous le nom de Jean IV, qui avait conduit ses troupes au secours de Ferdinand III, roi de Hongrie et de Bohême, le choisit alors comme confesseur, et c'est dans ce ministère que le P. Worthington termina saintement sa vie, à l'âge de soixante- deux ans, dont il avait passé trente-huit dans la Compagnie.

MoRus, Histor. Provînc. anglic, lib. 6, n. 33, p. 282. — Tanner, Societ. Jes. apost. imitatr., p. 682. — Sotuellus, Biblioth., p. 546. — SoMMERvoGEL, BibUot/i., t. 8, p. 1215. — Drews, Fasti..., 19» octob., p. 409. — FoLEY, Records, t. 2, p. 95 ; t. 7, p. 866. — Oliver, Collections, p. 227.

* Le dix-neuvième jour d'octobre de l'an 1664, mourut à Malines le P. Pierre Laurent, de Saint-Omer. Dès son enfance, il avait été prévenu des bénédictions de Dieu; l'oraison faisait déjà ses délices. Au noviciat, tous ses compagnons le considéraient comme un saint. Cette ferveur, loin de s'attiédir pendant sa régence et ses études, ne fît que s'enflammer davantage. Devenu prêtre, il paraissait un séraphin à l'autel, tellement le feu divin, qui consumait son cœur, transfigurait ses traits. Après avoir gouverné ses frères à Alost et à Breda, et annoncé avec de grands fruits la parole de Dieu, le P. Laurent fut envoyé dans la mission de Hollande. Il s'établit à Amsterdam et en fît pendant trente-huit ans le théâtre de son apostolat. Il y embrassa tous les ministères de la Compagnie auprès des âmes, mais surtout les plus humbles, le catéchisme aux enfants, l'évangélisation et l'assistance des pauvres, dont il mérita d'être appelé le père.

A quatre reprises différentes, il se dévoua au service des pestiférés, avec une charité qui ne faisait aucune distinction entre catholiques et protestants et ne voyait en tous que des membres souffrants de Jésus-Christ. Une année la contagion sévit avec tant de fureur, qu'elle enlevait jusqu'à quinze cents personnes par semaine. Les ministres épouvantés avaient pris la fuite, abandonnant leur troupeau. L'homme de Dieu, comme le bon Pasteur, courut à ces malheureux ; et beaucoup, gagnés par son héroïsme, renoncèrent à l'erreur et moururent réconciliés avec la sainte Eglise. Du même cœur qu'il affrontait la mort, le P. Laurent bravait les outrages, les calomnies, les mille périls qui traversaient son zèle : rien ne le touchait que l'honneur de Dieu et la vérité. Quand

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