XXVI OCTOBRE. — P. LÉONARD KESSEL
de son dévouement. Instructeur des Pères du troisième an, dans les derniers temps de sa vie, il recommandait surtout aux religieux qui lui étaient confiés, de ne point faire perdre à la Compagnie sa réputation de sainteté, par la légèreté de leurs exemples ou la frivolité de leurs paroles ; mais d'être plutôt, comme le veut saint Ignace, partout et toujours, la bonne odeur de Jésus- Christ. Comme on lui demandait, au milieu des vives douleurs de sa dernière maladie, s'il n'était pas couché trop durement. « Ah ! répondit-il, combien je suis plus doucement que Notre-Seigneur sur la croix » ! Le P. Wintershoven était âgé de cinquante-cinq ans ; il en avait passé trente dans la Compagnie.
Necrolog. Provinc. flandr .-helgic . {Archiv. Rom.). — Sotuellus, Bi~ hlioth., p. 514. — SoMMERvoGEL, Biblioth.,- t. 8, p. 1169. — Patiugnani, MenoL, 26 ottob., p. 195. — Ménol. holland., 26 octob.
* Le vingt-sixième jour d'octobre de l'an 1574, mourut à Cologne, tué par un fou furieux avec les Pères Jean Von Reidt et Nicolas P'aber, le P. Léonard Kessel, de Louvain, l'une des plus illustres conquêtes du P. François Strada, et l'apôtre de Cologne pendant vingt-six ans. Après avoir accompagné le bienheureux Pierre Le Fèvre en Portugal, il fut envoyé en Allemagne, avec mission de mener à bonne fin l'établissement d'un collège de la Compagnie à Cologne. Ses efforts furent couronnés de succès j et quelques années plus tard, le collège des Trois Couronnes comptait plus de six cents écoliers. En même temps, par la prédication, le
catéchisme aux enfants, la visite des pauvres et des malades, et surtout par la direction des âmes et la confession, le P. Kessel ■travaillait avec une ardeur infatigable, soutenue par plus d'une -grâce extraordinaire, à la réforme des mœurs et à l'affermissement de la foi dans cette grande ville.
A sa parole, une multitude de jeunes gens s'arrachèrent aux vanités et aux plaisirs du monde, pour embrasser l'humilité et la pauvreté de la croix dans la vie religieuse. Après le Collège Romain, nul autre, disait-on, n'avait donné à la Compagnie de plus belles et plus nombreuses recrues que celui des Trois Couronnes. On cite entre autres les Pères François Coster, Baudoin De Lange, Henri De Sommai, Pierre Busée et Jean Von Reidt, son compagnon de travaux et de mort tragique. Témoin des merveilles de son activité et de son zèle, le bienheureux Pierre Canisius en était dans l'admiration. Il avait peine à comprendre, disait-il, comment un homme presque seul, au milieu d'oppositions de toute nature, avait pu obtenir de si magnifiques résultats.
Dans la terrible peste de 1553, qui moissonna jusqu'à vingt-cinq -mille victimes à Cologne, le P. Kessel déploya une intrépidité et une charité vraiment surhumaines, qu'il plut à Dieu de récompenser avec éclat, non seulement en le préservant lui-même de la contagion, mais en rendant souvent la santé aux malades, qui recouraient à son ministère. Il était vraiment le fils de saint Ignace, animé comme lui d'une inébranlable confiance en Dieu, comme lui fort et tendre tout ensemble dans le gouvernement des siens. On sait que, sur quinze sujets, il n'hésita pas à en renvoyer plus de la moitié d'un seul coup, parce qu'ils manquaient d'obéissance, et saint Ignace approuva pleinement sa sévérité. On se rappelle en-