XXVI OCTOBRE. P. LÉONARD WEIS
core comment il eut à Cologne même la consolation de contempler les traits de notre Bienheureux Père qui, pour contenter ses pieux désirs, obtint de Dieu de lui apparaître sans quitter Rome, et le laissa rempli d'une joie inexprimable et d'une ardeur nouvelle pour se dévouer au bien de la sainte Église et des âmes. Le P. Kessel mourut à l'âge de cinquante-six ans ; il en avait passé trente dans la Compagnie.
Orlandinus, Histor. Soc, lib. 4, ii. 104, p. 97 et passim. — Sacchinus, lib. 1, n. 103, p. 23 seqq. — Id., pai't. 4% lib. 2, n. 48, p. 45 seqq.
— Reifjfenberg, Histor. Provinc. Rheiii In.fer. lib. 2, c. 1 seqq., p. 30 seqq. ; lib. 6, c. ultim.., p. 150 seqq. — Imago primi saec'uli, lib. 6, p. 868. — Patrignani, Meiiol.., 26 ottob., p. 189. — Tanner, Societ. Jesu apostol. itnitatr., p. 146. — Nieremberg, Varones ilustres, 2"= édit., t. 6, p. 29. — d'Oultreman, Tableaux des personnages signalez.. ., p. 141. — Na- DAsi, Annus dier..., 26* oct.., p. 245. — Drews, Fasti..., 26* oct., p. 418.
— Jos. Hansen, Rheinische Akten zur Geschichte des Jesuitenordens 1542- 1582, p. 696 et passim.
* Le vingt-sixième jour d'octobre de l'an 1703, mourut au collège de Kroze le P. Léonard Weis, digne, au témoignage de l'auteur de sa notice, d'être compté, pour son savoir et sa vertu, parmi les hommes les plus remarquables de la Province de Lithuanie. Cependant lorsqu'il s'était présenté, à l'âge de vingt ans, pour entrer au noviciat, les examinateurs avaient, d'un accord unanime, refusé de
l'admettre. Il leur paraissait trop simple, d'une intelligence bornée, impropre aux ministères de notre vocation. Un seul Père prit sa défense et plaida si bien sa cause auprès du Père Provincial que celui-ci se laissa persuader et reçut le jeune homme. Il n'eut pas à le regretter.
Sous cette apparence timide et embarrassée, Léonard Weis cachait des trésors de vertu et les plus remarquables dispositions pour les sciences. Au noviciat, il fut le modèle de ses compagnons par sa ferveur, sa modestie, son obéissance ; et, lorsqu'il eut été appliqué aux études, nul ne le surpassa dans l'intelligence des plus difficiles questions de la philosophie et de la théologie. Après avoir été disciple, il fut maître à son tour ; et jusqu'à la fin de sa vie, enseigna les hautes sciences avec une grande réputation de doctrine dans les collèges de Vilna et de Varsovie.
Mais le religieux l'emportait encore sur le philosophe, le canoniste et le théologien. L'humilité, le mépris de lui-même, la charité pour ses frères, le respect des supérieurs étaient ses vertus préférées. Sa pureté de conscience était si grande qu'à peine apportait-il au sacrement de pénitence une matière suffisante d'absolution. Il consacrait plusieurs heures par jour à l'oraison et vivait dans une continuelle union de cœur avec Dieu. A l'autel, il avait la ferveur d'un ange. On assure qu'un jour, en célébrant le saint Sacrifice, il vit le divin Enfant Jésus sous les espèces eucharistiques ; le Frère qui le servait fut témoin du même prodige. Parmi les prières en l'honneur de la très sainte Vierge, il goûtait avec une consolation particulière le Salue Regina. Sur son lit de souffrances, bien qu'épuisé de forces, il le redisait les nuits entières, comme pour charmer ses douleurs et ses longues insomnies. Le