XXVIII OCTOBRE
Le vingt-huitième jour d'octobre de l'an 1630, mourut en odeur de sainteté au collège de Manille, le Frère Coadjuteur François Baptiste, irlandais, dont le nom de famille ne nous a pas été transmis. Depuis plus de trois, années, il parcourait le monde pour faire fortune, et avait amassé de grandes richesses ; il se rendait du Mexique aux Philippines, lorsque deux de nos Pères, destinés à évangéliser les Moluques, le gagnèrent complètement à Jésus-Christ. A peine entré au noviciat de Manille, François comprit que la vie surnaturelle et l'union avec Notre-Seigneur devaient être désormais comme son unique élément. Non content de prier du matin au soir en travaillant, il donnait encore à l'oraison une grande partie de la nuit. D'un tempérament de feu, il déployait une telle énergie à se vaincre, qu'une veine se rompit un jour dans sa poitrine, par le seul effet de la violence qu'il se faisait ; il se châtiait rigoureusement des moindres fautes et se flagellait sans pitié tous les jours, souvent même à plusieurs reprises. H était comme insatiable de souffrances. Aussi ne témoignait-il que de la joie, lorsque des Espagnols ou des Indiens, emportés par la colère, l'accablaient d'outrages, de coups de poings ou de bâtons, et allaient même jusqu'à le fouler aux pieds.
Dieu récompensa par de merveilleuses communications sa ferveur et sa g-énérosité. Souvent le F. François Baptiste fut favorisé de la présence sensible de Notre-Seig-neur. La flamme dévorant un jour les cabanes en roseaux d'un village indien, il n'hésita pas, armé seulement de son crucifix, à se jeter au milieu de l'embrasement ; et les habitants stupéfaits de voir l'incendie s'éteindre partout sous ses pas, le suivaient en foule, repétant à grands cris : « Le saint ! Le saint » ! Le F. François Baptiste mourut à l'âge de trente-huit ans.
CoRDARA, Histor. Societ. Jesii, part. G", lib. 15, n. 32.3, p. 432. — Jean Bueras, Carta de ediflcacion. — Nieremberg, Varones ilustres, t. 3, p. 78. — OviEDo, Elogios de algunos hermanos coadjutores..., t. 2, p. 424. — Nadasi, Aniius dier. mentor., 28* octob., p. 249. — Patri- GNANi, Menol., 28 ottob., p. 211.
* Le vingt-huitième jour d'octobre de l'an 1625, mourut à Anvers le P. LiÉviN WouTERS, de Bruxelles, victime de son dévouement au service des pestiférés. Il s'était préparé depuis longtemps à ce suprême holpcauste, en affrontant la mort à plusieurs reprises dans ce même ministère de charité. Il avait eu aussi l'honneur de porter les chaînes pour le nom de Jésus-Christ et la défense de la sainte Église. Il se dépensait avec un zèle admirable dans la mission de Hollande. Par ses vertus, son talent de parole, il exerçait une influence considérable sur les catholiques de ce pays ; souvent, il les réunissait au nombre de deux mille dans l'église en bois qu'il avait fait bâtir aux portes d'Amsterdam. Les héréti-