XXVIII OCTOBRE. F. DOMINIQUE VAN OPSTAL
ques ne purent voir sans colère de si magnifiques succès. Ils publièrent contre le serviteur de Dieu des calomnies atroces, jusqu'à l'accuser d'avoir tramé un complot contre le prince d'Orange. Vainement le P. Wouters réduisit à néant les odieuses imputations. Il fut tenu pour criminel et jeté en prison. 11 y demeura près de deux années.
Ce ne fut pas le temps le moins fécond de sa vie. Il y acquit une rare connaissance de la sainte Ecriture, qu'il ne cessa de lire et de relire, jusqu'à la savoir presque tout entière par cœur. Cette connaissance, remarque son biographe, lui valut entre autres trois avantages du plus haut prix : une autorité et une compétence remarquables pour parler en public ou en particulier de tous les sujets de spiritualité ; une puissance de persuasion étonnante pour consoler les âmes affligées ; et enfin un amour extraordinaire de l'oraison. Frappé de la contagion auprès des malades qu'il assistait jour et nuit, le P. Wouters expira plein de joie de sacrifier sa vie pour ses frères. Il était âgé de cinquante-cinq ans et en avait passé trente-six dans la Compagnie.
Summar vitse defunct. Provinc. flandr.-belg. (Archiv Rom.). — Alegambe, Heroes et Victim., p. 261. — Patrignani, MenoL, 28 ottob., p. 210. — Soc. Jes. in Neerland. Histor. Compend.., p. 18. — Ménologe Hollandais, 28 octob.
* Le vingt-huitième jour d'octobre de l'an 1633, mourut au collège de Gand le saint Frère Coadjuteur Dominique Van Opstal, d'Anvers, fidèle imitateur de saint Alphonse Rodriguez, et digne à
son tour d'être proposé pour modèle à ses frères. L'obéissance, la pauvreté, l'abnégation, la dévotion à la sainte Vierge, l'union à Dieu brillaient en lui avec éclat. Il avait choisi comme sujet d'examen particulier la garde de sa langue ; grâce à cette pratique, fi dèlement et persévéramment suivie, il conquit un tel empire sur lui-même, qu'il ne laissait échapper aucune parole qui sentît l'impatience ou l'irritation. Avait-il eu à soutenir quelque fatigue extraordinaire, il refusait les adoucissements que lui ménageait la charité des supérieurs : « Non, disait-il modestement ; j'attends de mes fatigues une autre récompense plus belle et plus agréable ». La peste s'étant déclarée à Gand, un Père lui demandait s'il ne se consacrerait pas volontiers au service des malades. Le F. Van- Opstal répondit avec un accent si pénétré et où se reflétait un si ardent désir, que ce Père en fut ému jusqu'aux larmes. Aussi quand il eut été appelé en effet à se dévouer, sa joie fut sans mesure: « On me donnerait le monde entier, disait-il, ce ne serait rien pour moi au prix du bonheur d'avoir été jugé digne par mes supérieurs de cette mission si vivement convoitée ». Après quelques semaines seulement d'héroïque charité au chevet des malades, il tomba lui-même victime du fléau ; et l'âme pleine de reconnaissance et de sainte allégresse, il s'endormit dans la paix du Seigneur à l'âge de quarante-quatre ans ; il en avait passé quinze dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunct. Provinc. flandr.-belg (Arch. Rom.). — Levens van Broeders Coadjut., 28 oct., p. 605. — Ménol. holland., 11 octoh.