XXX OCTOBRE
*Le trentième jour d'octobre de l'an 1620, mourut à Mayence le vaillant et apostolique P. Jean Sylvort, d'Anvers, âgé seulement de trente-cinq ans, dont il avait passé dix-huit dans la Compagnie. Chargé de la communauté catholique de Groningue, il s'était pendant cinq ans dépensé à son service avec un zèle et des succès qui soulevèrent contre lui la haine des hérétiques. Traduit devant le tribunal et interrogé s'il n'était pas de la Compagnie de Jésus, il déclara sans hésiter qu'il avait cet honneur ; et comme on lui opposait les lois du pays contre ceux de cette profession, il répondit qu'il était venu à Groningue convertir les hérétiques, du même droit que s'attribuaient les prédicants d'aller à Anvers pervertir les catholiques. Cette vigoureuse réplique n'empêcha pas qu'il fût condamné. Du plus loin qu'il aperçut les murailles de sa prison, le P. Sylvort se jeta à genoux, remerciant Dieu de la grâce qui lui était faite d'être enchaîné pour avoir rendu témoignage à la vérité. La confiance de cet intrépide apôtre était inébranlable. Au milieu des circonstances les plus critiques, il avait sans cesse sur les lèvres cette invocation du roi David : Tuus suni ego, sall'uni me fac. « Seigneur, je suis à vous, sauvez-moi ».
Elogia varia defunct. ms. in-f° (Arch. Rom.). — Nadasi, Ann. dier. memor., 7SS^ octob., p. 250. — Drews, Fasti Soc, 30* oct., p. 424. — Ménol. holland., 30 octob.