XXXI OCTOBRE
Le trente-et-unième jour d'octobre de l'an 1602, fut pendu et coupé en morceaux par la hache du bourreau, sur la place publique de Cork, le saint Frère Coadjuteur et martyr de la foi romaine Dominique O'Colan ou Collins, irlandais. « Devant que batailler, dit le P. d'Oultreman, sous le drapeau de Jésus-Christ en la religion, il avoit porté les armes sous le roy Philippes second, lequel avoit honnoré sa valeur d'une compagnie de chevaux ». Mais à l'âge de trente-deux ans, il échangea sa profession de soldat contre les plus humbles offices de nos frères, au noviciat de Compostelle ; et quatre ans après, il accompagnait les troupes espagnoles, débarquées sur les côtes de Munster, pour aider les Irlandais catholiques à défendre leur foi contre l'hérésie.
A la prise du château de Dunboyne par les Anglais, le F. Dominique Collins, tombé au pouvoir des vainqueurs, fut jeté au fond d'un cachot et soumis à de cruelles tortures. Plusieurs fois cependant, ses juges lui offrirent la vie et la liberté s'il consentait à trahir ou seulement à dissimuler sa foi ; mais également inébranlable aux promesses et aux menaces, le serviteur de Dieu ne cessa pas, même au pied de l'échafaud et déjà la corde au cou, d'exhorter
ses compatriotes à vivre et à mourir en catholiques, toujours attachés d'esprit et de cœur au Pontife romain.
JuvENCius, Histor. Societ., part. 5a, lib. 13, § 11, /;. 211. — Alegambe, Mortes illustres, p. 240. — Tanner, Societ. Jesu mià'tans, p. 55. — Na.- DAsi, Annns dier., 31^ cet., p. 252. — Drews, Fasti..., 31^ octob., p. 425. — NiEREMBERG, Vuroncs Hustres, t. 6, p. 129. — IIogan, Ibernia Ignatiana, p. 89-102. — d'Oultreman, Tableaux des 'personnages signalez..., p. 481. — Foley, Records, t. 7, p. 148. — Les divers Me'nologes de la Compagnie. — Oliver, Collections, p. 240.
Le trente-et-unième jour d'octobre de l'an 1648, un peu avant minuit, mourut à Saint-Omer, sa patrie, le P. Martin Couvreur, né d'une pauvre famille flamande et, comme il aimait à le rappeler humblement, élevé dans l'asile de Saint-Bertin parmi les enfants abandonnés. Son mérite le fit arriver en peu d'années aux premières charges de la Province g-allo-belge. Il fut tour à tour Recteur des collèges d'Anvers et de Saint-Omer, Instructeur des Pères de troisième probation, professeur de théologie morale et procureur de sa Province à Rome. Mais il préférait de beaucoup à toutes les dignités l'obscur emploi de catéchiste ou de missionnaire. Dans un temps où toute la Flandre était en proie aux horreurs de la guerre, il parcourait les campagnes, au milieu des bandes armées, et allait visiter les paysans dans leurs cabanes, pour les consoler et les encourager par sa présence et ses exhortations à demeurer fidèles à Dieu.
Une année même, pour mieux triompher des répugnances de la