I^"- NOVEMBRE
* Le premier jour de novembre de l'an 1619, mourut à Douai le P. Gérard Vervianus, de Liège, religieux d'un zèle et d'un dévouement insignes. 11 se dépensait sans réserve dans les missions de campagne ; pour aider et sauver les âmes, il supportait les plus rudes fatigues avec une intrépidité et une allégresse qui jetaient dans l'admiration les fidèles et leurs pasteurs. Cependant, quand il revenait parmi ses frères à bout de forces, il ne manquait jamais d'aller aussitôt trouver le Frère sacristain et réclamait comme une faveur d'être appelé le premier, toutes les fois qu'on viendrait demander un Père pour assister un malade ou un moribond.
Le P. Vervianus se consacra trois fois au service des pestiférés.
Son héroïsme était si bien connu dans la Province, qu'une maladie contagieuse s'étant déclarée à Douai, les supérieurs se hâtèrent de l'envoyer au secours des victimes du fléau. Le serviteur de Dieu était alors à Namur. Il partit sur-le-champ, et telle était, remarque le P. Alegambe, la sainte ardeur dont il était embrasé, qu'il fît en une journée et demie cette route que les voyageurs mettent d'ordinaire quatre jours à parcourir. Il succomba bientôt aux atteintes du mal. Il était âgé de trente-huit ans et en avait passé quinze dans la Compagnie.
Alegambe, Heioes et VicUin., p. 233. — Cordaha, Histnr. Soc, part. 6", lib. 3, n. 58, p. 153.
* Le premier jour de novembre de l'an 1630, mourut à Valladolid, au collège anglais de Saint-Alban, le P. Thomas Land, né en Angleterre, religieux d'une promptitude d'obéissance admirable, dont on a dit qu'il changeait de Province et d'emploi avec la même simplicité qu'il serait passé d'une chambre à une autre. Après avoir fait son noviciat et ses études en Espagne, il retourna comme missionnaire dans son pa3^s et gouverna ensuite le collège anglais de Liège. Puis il fut envoyé à Valladolid et, jusqu'à la fin de sa vie, remplit au collège Saint-Alban les fonctions de Père spirituel, de ministre et de procureur. Dans la disette d'ouvriers dont on souffrait alors, chacun devait se multiplier et travailler presque au delà de ses forces. Du reste, le P. Thomas Land, par ses aptitudes comme par son dévouement, était prêt à tout, et les supérieurs.
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qui connaissaient son obéissance, s'adressaient librement à lui dans tous leurs embarras, sûrs de n'éprouver aucun refus. A ces charges multiples, il dut, pendant une année de famine, ajouter encore celle de Vice-Recteur. « On ne saurait croire, dit le Père Valdivia dans son Histoire de la Province de Castille, combien il se donna de peines pour parer à tous les besoins. C'est grâce à ses prières et à son activité que Notre-Seigneur a sauvegardé les intérêts temporels et spirituels de la maison ».
Le P. Land ne put résister longtemps à des fatigues trop grandes et trop continues. Quatre jours avant de mourir, il annonça lui-même qu'il expirerait le matin de la fête de tous les Saints, à la première heure du jour, affirmation, dit l'historien, qui ne laissa pas de causer quelque surprise de la part d'un homme si humble et si prudent dans ses paroles. La prédiction cependant se vérifia à la lettre. Le P. Land n'était âgé que de quarante-huit ans.
Valdivia, Historia (ms.j de la Provincia de Castilla, t. 3, lib. 2, f° 277 (Arch. dom.J.
* Le premier jour de novembre de l'an 1810, mourut à Polotsk le P. Stanislas Kluczynski, qui par son obéissance, son humilité, son zèle apostolique et ses autres vertus, mérita d'être appelé un véritable compagnon de Jésus. 11 aurait pu occuper avec honneur les premières chaires, mais il préféra se dépenser dans les obscurs et pénibles travaux des missions de campagne. II continua vingttrois années de suite son laborieux et fécond apostolat, au milieu de privations et de fatigues sans nombre. Enfin ses forces ne ré-
pondant plus à son zèle, les supérieurs le rappelèrent à Polotsk. Là, malgré l'épuisement auquel il était réduit, le courageux vieillard ne cessa de donner à ses frères l'exemple de la régularité et de la fidélité à tous les exercices de la vie commune. A voir son exactitude, on eût dit qu'il avait toujours vécu dans le silence et la ferveur d'un noviciat. Le P. Kluczynski mourut à l'Age de soixante-six ans, dont il avait passé quarante-sept dans la Compagnie.
Sunimar. i<itœ defunctor. in colleg. Poloc. 1749-1815 {E ins. Provinc. Galic).