‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 229 sur 356 · II NOVEMBRE · texte numérisé non relu

II NOVEMBRE

* Le deuxième jour de novembre de l'an 1609, mourut très saintement à Douai le P. Georges Colibrant, du diocèse de Malines. « C'était, dit le P. Jouvancy, dont nous nous bornons à traduire le témoignage, un religieux d'une vertu insigne. Par sa rare modestie, sa prudence unie à une aimable simplicité, il convertit une multitude d'âmes et en gagna un grand nombre à la vie religieuse. Ses entretiens les plus habituels étaient de Dieu et de l'éternité bienheureuse ; ainsi montrait-il oii étaient son cœur et son trésor. On ne l'entendit jamais se plaindre de rien, si ce n'est d'être traité avec trop d'indulgence, surtout dans ses maladies. Il avait obtenu, disait-on, la grâce de ne jamais passer un jour ni même une heure sans quelque souffrance. Il priait avec une ferveur admirable. Aussi l'heureuse issue d'affaires extrêmement difficiles lui fut-elle souvent attribuée. Pour donner plus d'efficacité à ses supplications, il les accompagnait de rigoureuses mortifications. C'est avec son sang répandu en abondance, et non seulement avec ses désirs et ses prières, qu'il s'efforçait de faire violence à la bonté divine, surtout si le salut d'une âme était en danger, ou s'il fallait arracher un pécheur à la fange du vice.

« Le P. Colibrant paraissait comme fixé au saint tribunal de la

pénitence. Il demeurait à l'église les journées presque entières, même aux heures où d'ordinaire il ne se présente personne. Les marchands abandonnent-ils leurs boutiques, parce qu'il n'y vient que peu d'acheteurs ? Chaque soir, avant de se livrer au sommeil, il consacrait une heure à la méditation des fins dernières et prenait ensuite la discipline pendant un quart d'heure entier. Ses plus rudes mortifications n'étaient à ses yeux que jeux d'enfant ; c'est le nom qu'il leur donnait, par humilité et basse opinion de tout ce qu'il faisait ; il se rappelait aussi les paroles de saint Paul : Moinentaneuni et lece trilndationis /lostne (2 Cor. 4. 17). Dans sa vieillesse, les supérieurs lui ordonnèrent de modérer la rigueur de ses austérités. Il obéit, mais eu ajoutant que Dieu se chargerait d'y suppléer d'une autre manière. Et en effet, les deux dernières années de sa vie, le P. Colibrant fut en proie à des souffrances inouïes, dont les médecins ne connurent la cause qu'après sa mort ». Ce vrai serviteur de Dieu expira plein de joie et chargé de mérites, à l'âge de soixante-dix ans, dont il avait passé quarante dans la Compagnie.

JuvENCius, Histor. Soc. Jesu, part. 5* , lib. 25, p. 858. — Litter. anti. Societ., anno 1609, p. 230. — Nadasi, Ann. dier., 2» nov., p. 2b7 . — DnEws, Fasti..., 2» noi>., p. 428. — d'Oultbeman, Tableaux des signalez personnages..., p. 287. — Patrignani, Menai., 10 nov., p. 58. — Nie- REMBERG, Varoncs ilustres, 2« édù., t. 5, p. 611. — Ménologe holland., 2 novemb.

* Le deuxième jour de novembre de l'an 16b6, mourut à Porto, dans la Province de Portugal, le P. Nicolas Nugent, irlandais, né dans le comté de Meath, d'une famille également recommandable

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