III NOVEMBRE
* Le troisième jour de novembre de l'an 1719, dans la maison du noviciat à Cracovie, mourut très saintement le F. Adam Nyko, Coadjuteur temporel. Etant encore dans le monde, il avait entendu raconter du haut de la chaire les merveilles qui ne cessent de s'opérer au tombeau de l'apôtre des Indes ; et, poussé par une sainte curiosité, il était allé jusqu'à Goa vénérer le grand missionnaire. De retour en Pologne, il entra dans la Compagnie et y remplit presque constamment l'office de linger. II s'acquitta de cet emploi avec un soin et une diligence extrêmes, modèle tout ensemble d'ordre et de propreté, de charité et de pauvreté. Ami du silence et du recueillement, il vivait dans un commerce habituel avec Dieu et donnait à la prière toutes les heures dont il pouvait disposer. En même temps, le F. Nyko se livrait à de très rigoureuses mortifications et, jusque dans sa vieillesse, il crucifiait encore sa chair par les veilles, les chaînes de fer, les cilices et les flagellations. Ce saint Frère mourut à l'âge de soixante-et-onze ans, dont il avait passé trente-huit dans la Compagnie.
Summar. vitsp. defuiict. Provinc. Polon. [Archiv. Rom.}.
ÏV NOVEMBRE
* Le quatrième jour de novembre de l'an 1591, mourut à Rome le P. Edmond Hay, ciV i'cilde reLigiosus, prudens atque eruditus, dit le P. Alegambe dans sa Bibliothèque. Il était né en Ecosse de la noble famille des comtes d'Errol. Dès avant son entrée dans la Compagnie, il s'était signalé par son dévouement envers nos Pères
et la sainte Eglise. Le Souverain Pontife Pie IV avait envo^'é le P. Nicolas de Gouda auprès de la reine Marie Stuart, que les hérétiques d'Ecosse tenaient dans une véritable oppression. Au mépris de tous les dangers, Edmond Hay favorisa le débarquement du religieux, qui put voir quelques grands du royaume et remplir auprès de la reine la mission dont il était chargé ; mais les novateurs ayant deviné la présence de l'envoyé pontifical, le poursuivirent avec fureur et, pour s'assurer de sa personne, firent garder tous les ports par où il pouvait s'échapper. Dans cette situation critique, Edmond Hay et Guillaume Creytton, son généreux complice, décidèrent un brave et honnête marin à les attendre à quelques milles du rivage, et lui conduisirent dans une petite barque le P. de Gouda, qui fut ainsi sauvé.
Devenu peu de temps après novice de la Compagnie, Edmond Hay fut, presque au lendemain de ses premiers vœux, en