VIII NOVEMBRE. — P. HENRI DIONYSIUS
* Le huitième jour de novembre de l'an 1571, mourut à Maestricht le P. Henri Dionysius, de Nimègue, appelé par ses contemporains l'apôtre de Cologne et de Maestricht. Dans cette pléiade d'hommes, éminents par la science et par la vertu, que la Compagnie encore à son berceau avait envoyés soutenir la foi catholique à Cologne, Léonard Kessel, François Coster, Jean Rhetius, Baudouin De Lange, Henri De Sommai, le P. Dionysius tenait noblement sa place, et peut-être occupait-il le premier rang par l'éloquence. Invité à monter dans la chaire de la cathédrale, il vit dès le début une foule énorme se presser pour l'entendre. Sa parole n'était pas moins bien accueillie des étudiants qui fréquentaient les diverses académies ; parfois, comme au sermon de la Passion, il les retenait quatre heures de suite sans les lasser. Ses discours allaient moins à charmer l'oreille qu'à convaincre l'esprit et changer les cœurs. Il retira du vice et de l'erreur une multitude d'âmes et les ramena à l'Eglise et à Dieu.
Plus laborieux encore et plus fécond fut son apostolat à Maestricht. Les hérétiques se livraient alors à tous les excès dans cette ville ; ils avaient envahi de force une des églises et, après avoir brisé les images et les statues des saints, profané l'autel, l'avaient convertie en un temple à leur usage. La foi courait les plus grands dangers. Dès que parut l'homme de Dieu, des menaces de mort furent proférées contre lui ; mais il ne s'en émut point. Les catholiques au reste, dont sa présence avait relevé le courage, firent bonne garde autour de lui ; on les vit plus d'une fois, pendant qu'il était en chaire, se tenir en armes à ses pieds, prêts à repousser la violence par la violence. Cette effervescence se calma peu à A. G, II. — T. II. — 52.
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peu, et le P. Dionysius put se livrer avec plus de liberté à son œuvre de régénération et de salut. Tous les jours, raconte le P. Strada, il provoquait à des disputes publiques les ministres et tous les jours leur infligeait des défaites humiliantes, qui ruinaient leur crédit. Chaque jour aussi il enseignijit le catéchisme aux enfants et aux ignorants et, par là, il fit peu à peu refleurir l'ancienne religion et l'obéissance au siège de Rome.
Le cardinal Hosius voulait avoir auprès de sa personne un homme si apostolique ; mais le duc d'Albe refusa de le laisser partir ; car le seul P. Dionysius valait mieux, disait-il, pour les intérêts du royaume que la plus solide forteresse. Malheureusement l'excès de son zèle précipita sa fin. Un jour qu'il parlait au peuple avec son ardeur accoutumée, une veine se rompit dans sa poitrine, et le vaillant apôtre, après avoir langui quelque temps, remit son âme à Dieu, au milieu des témoignages de la douleur et de la vénération universelles. Il était âgé de cinquante-et-un ans et en avait passé dix-sept dans la Compagnie.
Sacchinus, Histor. Societ., part. 3a, lib. 7, n. 78, p. 345. — Imago primi sœculi, lib. 6, /;. 749, 873. — Reiffenberg, Histor. Provinc. Rlieni- Infer., lib. 3, p. 64; lib. 5, p. 114; lib. 6, p. 142. — Strada, De Bello belg., apud Reiffenberg, p. 115. — Nadasi, Ann. dier..., 8^ nov., p. 265. — Drews, Fasti Soc..., 8» nov., p. 438. — Meiiol. holland., 8 novemb. — Jos. Hansen, Rlieinische Akten ziir Geschichte Jesuitenordens, passim.
* Le huitième jour de novembre rappelle la mémoire des Pères Nicolas Jamot, Nicolas Trzcinski et François Matth;eus, morts victimes de leur dévouement au service des pestiférés, le premier