XIV JUILLET. F. PHILIPPE NOTTIN
calvinistes, qui semblèrent vouloir épuiser sur lui, à deux reprises différentes, toutes les inventions de leur barbarie. A peine en effet trouve-t-on dans les actes des mart3^rs de plus horribles tourments endurés pour la foi. On fit d'abord asseoir le F. Nottin sur des lames de fer disposées en croix et qui lui entraient profondément dans le corps. Puis on le lia sur ce siège de douleur ; on lui ramena en arrière les pieds et les mains enfermés dans des menottes et des entraves garnies de pointes ; on lui passa autour du cou un collier hérissé de longs clous et rattaché par quatre cordes aux murailles de son cachot, de manière à le maintenir droit et à l'empêcher de faire un mouvement qui ne lui causât une blessure.
Alors les bourreaux l'environnèrent à distance d'un cercle de flammes qui le rôtissaient lentement et, à mesure qu'ils voyaient ses chairs se fendre, ils y jetaient du sel, du vinaigre, et même de la poudre pour envenimer et faire éclater ses plaies. Le F. Nottin demeura la première fois dix heures de suite dans ces tortures, et quatre heures la seconde ; et comme il ne laissait pas même échapper une plainte, un hérétique furieux lui brisa presque l'épine dorsale d'un coup de pied, en s'écriant avec rage : « Ne parleras-tu pas, chien muet » !
JuvENCius, Histor. (ins.) Societ. Jesu, part. 6» , lib. 4, p. 16 seqq. (Arch. dont., copie). — Alegambe, Mortes illustres, p. 522. — Tanner, Societ. Jesu milit., p. 109. — Nadasi, Ann. dier. memor., 14* /ul., p. 2^ — DuEws, Fasti..., 14* Jul., p. 269. — Levens van Broeders Coadj., p. 354. — Menai, holland., 20 juill.
* Le quatorzième jour de juillet de l'an 1650, mourut à Euskirchen, dans la Province du Bas-Rhin, le P. Pierre Schleumer, luxembourgeois- C'était, dit le P. Nadasi dans les Lettres annuelles, un homme d'une patience à toute épreuve, d'une charité très ardente, d'une douceur de manières et d'une puissance de persuasion auxquelles nul ne résistait, enfin d'un amour de sa vocation vraiment extraordinaire. Quand il fut sur le point de recevoir l'extrême-onction, il remercia Notre-Seigneur, avec la plus touchante effusion, de lui accorder la grâce de mourir dans la Compagnie et au milieu de ses frères. Quelques heures avant d'expirer, il entonna d'une voix défaillante le Te Deiun, et conjura tous ceux qui l'entouraient de vouloir bien, dès que la cloche annoncerait, selon l'usage, que son âme avait quitté son corps, chanter avec allégresse le même hymne d'actions de grâces et célébrer ainsi en son nom la suprême consommation de sa persévérance.
Litterœ annux Societ., anno 1650, p. 385. — Nadasi, Pretiosse occupation, morient..., c. 18, n. 7, p. 156.
* Le quatorzième jour de juillet de l'an 1825, mourut à Zastawna, dans la Province de Galicie, le F. Daniel Wereszczaka, Coadjuteur temporel, remarquable par sa piété, son zèle et son amour de la sainte Église. Il était entré à trente-cinq ans au noviciat. Ses plus chers entretiens étaient de Dieu, de Notre-Seigneur et de la bienheureuse Vierge ; il en parlait avec un accent si pénétré, qu'on